1962 :
MASSACRE DES SYNDICALISTES DE
KAMENGE
« Le 13 octobre 1961, le prince Louis RWAGASORE assassiné
à l’investigation des princes rivaux (sic). Contrairement à
l’attente générale, ce ne fut Pierre NGENDANDUMWE (Hutu),
Vice-Premier Ministre ni Paul MIREREKANO (Hutu), Président du parti
UPRONA, que le roi nomme au poste de Premier ministre, mais son gendre
André MUHIRWA (Tutsi), alors, Ministre de l’Intérieur. Son
gouvernement comptait 3 Hutu sur 10.
Le lecteur s’en souviendra: le même André MUHIRWA est l’un
des auteurs du Plan de GENOCIDE sélectif des Hutu dit “PLAN
SIMBANANIYE”, qui a été dénoncé en 1968 par
M. NDAYAHOZE (Hutu), alors ministre de l’Information.
C’est sous ce même gouvernement qu’est
créée la JNR (Jeunesse
Nationaliste RWAGASORE), mouvement de jeunesse armé et intégré au parti UPRONA.
C’est cette JNR qui, le 19 janvier 1962, massacra les syndicalistes
Hutu à Kamenge - un quartier de Bujumbura :
Jean NDUWABIKE, Séverin NDINZURWA, Basile NTAWUMENYAKAZIRI et
André BARUVURA. C’est cette même JNR qui, en
été de la même année, enterre vivant Mathias MIBURO,
bourgmestre Hutu de Mura (Muyinga). Ces
persécutions déclenchèrent les premiers mouvements
d’exil Hutu.»
Source : Bureau
International d'information sur le Burundi cité par @AGNews
« Au mois de janvier 1962, des crimes crapuleux, dirigés
contre plusieurs personnalités éminentes ont été
perpétrés à Bujumbura, dans le quartier
périphérique de Kamenge. Ces crimes ont
revêtu les formes d'assassinats ciblés, de massacres aveugles de
populations civiles et d'incendies criminels des habitations. Les personnes
visées étaient toutes de l'ethnie hutu
majoritaire dans le pays. De même, tous les biens détruits
appartenaient à des membres de cette communauté ethnique. Les
forfaits ont été commis de sang froid par de jeunes tutsi,
militants de la JNR (Jeunesse Nationaliste Rwagasore)
présidée par Prime NIYONGABO et François BANGEMU. La JNR
était un mouvement de jeunesse intégré au parti au pouvoir
; le Parti de l'Union pour le Progrès National ou UPRONA en
abrégé. Le Gouvernement de l'époque dirigé par le
Premier ministre André MUHIRWA, était dominé par
d’intégristes tutsi, à savoir: NTIRUHWAMA Jean
(Intérieur et Fonction Publique), KATIKATI Félix (Economie),
NYAMOYA Albin (Agriculture et Elevage), NKESHIMANA Gaspard
(Affaires Sociales), NGUNZU Pierre (Education Nationale) et NICAYENZI
Zénon (Défense Nationale). »
Source : Bureau
International d'information sur le Burundi cité par @AGNews
« LE
COUP D’ETAT DU 18 AU 19 OCTOBRE 1965
1-
LES
FAITS
1° Dans la nuit du
18 au 19 octobre, vers 2 heures du matin, des coups de feu éclatent
à la résidence du premier ministre. Celui-ci est sérieusement
blessé. D’autres coups de feu sont entendus du côté
de la résidence de MWAMBUTSA et à la caserne de la compagnie
support de l’armée.
C’est la panique,
la confusion et la peur dans les foyers de BUJUMBURA.
2° Au petit matin,
le palais royal de BUJUMBURA est encerclé par des militaires sous le
commandement du capitaine Michel MICOMBERO.
3° Entre 9 et 10
heures du matin, des échanges de tirs de mitrailleuses et de canons
d’artillerie ont lieu au camp militaire de la compagnie support de
BUJUMBURA, près de la rivière MUHA.
4° Dans la
journée et la nuit du 19 octobre, des arrestations de
députés, sénateurs, hauts fonctionnaires, militaires et
gendarmes Hutu sont opérées.
5° Eclatement de
troubles dès le 20 octobre, dans 1a région de BUGARAMA (MURAMVYA)
au lieu d’origine de Paul MIREREKANO, également
arrêté.
6° Fusillades dans la nuit du 21 au 22 octobre et au stade Louis RWAGASORE
de 34 miliatires et gendarmes Hutu.
7° Fusillades, tout
au long d’octobre, novembre et décembre, de la plupart de Hutu
arrêtés, et ce en violation des dispositions constitutionnelles et
judiciaires de l’époque.
2- LES HYPOTHESES
Que s’est-il donc
passé dans la nuit du 18 au 19 octobre ? A l’heure actuelle,
personne parmi les Hutu ne connaît la vérité. Nous sommes
réduits aux hypothèses.
-
La première
hypothèse est la plus connue. L’opinion publique a en effet retenu
qu’il s’agissait d’un coup d’Etat Hutu. Le comportement
et les déclarations de certains policiers Hutu au cours de
l’été 1965 le laissaient supposer, comme nous l’avons
vu après la formation du gouvernement BIHA.
Mais, qui alors est
allé attaquer le premier ministre ? Qui a tiré les coups de feu
à la résidence de MWAMBUTSA ?
Pour les Tutsi, le coup d’Etat était conduit par le
secrétaire d’Etat à la gendarmerie, Antoine SERUKWAVU.
Mais, celui-ci a toujours affirmé n’avoir joué aucun
rôle dans les événements du 10 au 19 octobre. Il n’a
cependant pas expliqué pourquoi et comment il a quitté BUJUMBURA
pour le Rwanda dès 7 heures du matin.
-
La deuxième
hypothèse est la mutinerie simple d’une partie de
l’armée ou de la gendarmerie. Mais, quels étaient les chefs
des mutins ? Quels étaient leurs mobiles ?
Est-ce “la
compagnie support” de l’armée commandée par le
capitaine Hutu Fidèle NDABAHAGAMYE, qui a été
encerclée et neutralisée le 19 octobre à 10 heures par un
détachement des commandos de KITEGA ? Est-ce une partie de la gendarmerie
de BUJUMBURA ?
-
La troisième
hypothèse est la provocationn. Les
extrémistes Tutsi ont pu eux-mêmes organiser un simulacre de coup
d’Etat pour ensuite exécuter plus facilement le fameux plan
SIMBANANIYE-MUHIRWA. D’après plusieurs témoignages, les
deux premières hypothèses ne sont pas à écarter.
Quant à la troisième, elle est tout aussi vraisemblable, surtout
quand on se réfère à la suite des événements
et leurs conséquences tragiques pour les Hutu.
Bilan du génocide
contre les Hutu en 1965 :
Ø
environ 10.000 Hutu tués
par les autorités du Burundi (dont parmi les tués : 50% de
fonctionnaires Hutu et 70% de militaires Hutu)
Ø
environ 2.000
réfugiés Hutu. »
Extraits
de L’historique des relations
Hutu-Tutsi, Oeuvre collective de la communauté des
réfugiés burundais en Belgique 1986-1987.