DE LA 1ère
RENCONTRE DES PATRIOTES-INSERUKARUKAMVYE REPRESENTANTS DU CDP DANS LES
DIFFERENTES UNIVERSITES DU PAYS.
Sous la présidence de Monsieur Benjamin Mpawenimana
Administrateur Permanent et Coordinateur National Adjoint du Parti, les
Représentants du CDP dans les différentes Universités et/ou Campus
Universitaires du pays se sont réunis à Kamenge ce dimanche
26/ 10/ 2008.
Etaient inscrits à l’agenda les points suivants :
1. L’historique du Parti et son état
d’implantation actuellement à l’échelle nationale ;
2. L’explication de la devise, des symboles
et des insignes du Parti ;
3.Un
aperçu sur le Projet de Société ;
4. Un exposé sur les stratégies de
recrutement, de propagande et de mobilisation.
Comme il est de coutume, le désormais célèbre
« Hane sangwe », l’hymne du parti, a retenti avant le début des
communications.
Prononçant le mot d’accueil, Monsieur Eliezer Bigirimana Commissaire
chargé de la Coordinations des Sections du Parti dans les Universités, a tenu à
remercier les étudiants représentants les différentes universités et/ou campus
universitaires, qui, à l’exception de celle ( puisque c’est justement une
« elle ») représentant l’Université Ntare Rugamba, avaient pris part
au rendez-vous. Note avec la mention « très bien » a été accordée à ceux
qui étaient venus des universités de l’intérieur du pays à savoir Mwaro, Ngozi,
et Kiremba-Sud, mais aussi celui venu du Campus Zege ( Gitega).
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette note particulière n’était pas
une simple formalité d’usage, vu les problèmes des étudiants que tous nous
savons ou pouvons nous imaginer sur tous les plans. C’est dire combien la
jeunesse estudiantines est vraiment « sur la
ligne ». «
Toujours dans le chapitre des remerciements, Eliezer a tenu a apprécié
la priorité que le CDP accorde à la jeunesse estudiantine, surtout pour l’avoir
conviée dès les premiers moments de son existence à participer activement à sa mission d’exhumer la patrie.
Le discours de circonstance a été prononcé
par Monsieur Benjamin Mpawenimana, Administrateur Permanent et Coordinateur
National - Adjoint du parti.
Dans l’ensemble, ce discours était articulé
sur l’historique du Parti C.D.P et son état actuel.
A titre de rappel, il s’indique de signaler que le CDP se veut un
forum d’une génération des Burundais exempte de tout soupçon par rapport aux
crimes de tous ordres – crimes de sang, crime économiques et consort -, bref,
une génération de Hutu, de Tutsi , de Twa et d’autres Burundais de différantes
autres origines respirant un air patriotique neuf et nouveau, déterminés à
faire en sorte qu’il n’y ait plus « des Burundais à part entière et des
Burundais entièrement à part ».
Damas Bakuranimana, Administrateur à l’Economie et
aux Finances, a pris la parole pour expliquer les signes, les symboles
et la devise du Parti.
Vu les confusions qui de la part de certains entourent
l’interprétation des signes et des symboles du CDP notamment en ce qui est des
couleurs ( le rouge, le blanc et le bleu) , il faut dire que cette sorte de
« cours de sémiologie » ou l’étude scientifique des signes pour dire
simple, tombait bien à propos.
Nous ne le répéterons jamais assez, le CDP se trouve être, en effet,
un parti burundais fondé par des hommes et des femmes burundais et qui se
sentent fiers d’être Burundais, des patriotes pour être complet. Cela étant,
tout ce que nous faisons de signes et de symboles se
doit d’être interprété non pas à la lumière des philosophies importées, mais
selon notre histoire et/ou notre culture à nous. On ne bâtit pas une maison sur
la fondation d’une autre !
Ainsi, la couleur rouge que l’on trouve sur le drapeau du CDP
symbolise le sang des innocents burundais versé par les Burundais et non par
d’hypothétiques étrangers - digressions que j’assume - « qui sont venus
briser l’harmonie nationale » . Ma foi,
« le mur ne fend pas, l’araignée n’y entre pas », dit un proverbe
baoulé, alors que « akica urugo karuva imbere » (
ce qui tue le ménage est ce qui lui vient de l’intérieur) , pour faire
appel à notre sagesse.
L’ampleur des dégâts humains et matériels,
dont nous même nous sommes auteurs, excusera, je crois, cette digression.
Revenons à nos couleurs.
La position du rouge en bas du drapeau signifie que nous avons, hélas,
bâti notre pays sur une fondation sanguinolente et que nous devons en être
conscients, au lieu de nous fabriquer une conscience idiotement tranquille et
de traiter de tous les noms d’oiseaux ceux qui réclament la reconnaissance de
la douleur, réparation et pardon. C’est à ce seul prix
qu’un repentir pourra être possible. En effet, on ne soigne
pas l’histoire salle d’une nation en l’ignorant. Prenant conscience de
la lourdeur de notre passé, nous pourrons nous en affranchir par une sorte
d’exorcisme et de joie d’être acquittés. Ca se dit
« kwambikwa izera » (littéralement porter
le linge blanc, ce qui signifie être quitte de toute accusation) ; ça
renvoie à « kwiraba ingondo » (littéralement « se blanchir le visage
avec du kaolin », geste rituel qui signifie se faire exorciser et se
prémunir contre toutes les forces maléfiques.
C’est sur tout ce réseaux de symboliques que
nous nous sommes appuyés pour doter notre drapeau d’une couleur blanche, qui se
pose au dessus du rouge. Ainsi faisant, c’est-à-dire passant de la
reconnaissance de nos inimitiés les uns envers les autres à la volonté pratique
de nous blanchir et nous affranchir, nous atteindrons le bleu ciel, dégagé de
toute nuage, lequel ciel symbolise dans notre culture la beauté parfaite (Cf.
l’expression « gusa n’ijuru rya Kugwa » littéralement « ressembler au ciel sans nuage), qui signifie être
d’une beauté rare.
Gilbert Sekamana, Commissaire Chargé de la formation politique et idéologique du CDP, a succédé à Damas pour parler de
l’idéologie du Parti et de son projet de société. Dans une maîtrise verbale
rare, une connaissance de sa matière et une approche méthodologique qui n’ont
pas trahi son diplôme universitaire de psycho-pédagogue, il a développé les
chantiers que s’est engagé à réaliser le CDP, en martelant notamment les
secteurs comme, l’agriculture et l’élevage, l’éducation, l’énergie et la
protection de l’environnement, le secteur socio – culturel, les corps de
défense et de sécurité, qui, une fois pris au sérieux par les gouvernants,
feront passer le Burundi de « PPTE » à
« PPME » , soit de « Pays Pauvre Très Endetté » à Pays
Pauvre Moins Embêté) . Car la pauvreté n’est pas une malédiction, et moins encore une raison nécessaire et suffisance de
refuser la paix aux peuples. « Umworo yigumije aruta umukungu
yiyobewe », un pauvre plein de dignité vaut plus
qu’un nanti plein de vanité. C’est encore dans la sagesse burundaise !
« Gutashwa iteka » avoir la dignité,
comme stipulé dans notre devise, nous n’avons pas besoins d’être la première
puissance en richesses naturelles pour y parvenir. Il suffit de nous organiser,
apprivoiser nos aptitudes et nos potentialités, nous mettre à l’esprit que nous
devons « kuva i buja » quitter l’indignité, pour « kuja ku
murongo » nous organiser, avec le peu qui nous appartient !
Philippe Nderagakura, Commissaire chargé du recrutement, a clôturé la
liste des orateurs avec les stratégies de recrutement, de propagande et de mobilisation, des stratégies que pour des raisons qui
vont de soi je vous laisse ignorer encore.
Etant donné la distance que devaient parcourir les représentants des
Universités de l’intérieur du pays, les divers et
« le verre » ont été fait concomitamment.
Le CDP remercie encore une fois toutes les personnes qui se sont
données pour que ce rendez-vous soit une réussite. A
la jeunesse estudiantine, le CDP promets encore un
engagement sans faille dans la résolution des problèmes qui accablent l’école
en générale et l’enseignement supérieur en particulier. Notre devise en matière
de l’enseignement supérieur est simple. PRENDRE AU
SERIEUX LES ETUDIANTS, C’EST VACCINER LA NATION CONTRE L’INCIVISME ET
L’AMATEURISME POLITIQUE . En
effet, certains s’étonnent de constater que dans notre Burundais en perte de
vitesse sur tous les projets de l’humanité, même les Burundais bardés de
diplômes ne font pas la différence. Je vous fais
d’abord économie du débat, qui est trop connu, sur la différence entre
un instruit et un intellectuel. Revenant sur cet étonnement face à l’incivisme
de certains de nos dirigeants lourds en connaissances livresques, je dirais que
souvent on ne fait pas attention à la différence qu’il y a entre la révolution
et a réaction, et de file en aiguille, entre un réactionnaire et un
révolutionnaire. Cette différence se remarque portant déjà sur le banc des amphis ! Un étudiant n’est
susceptible de devenir quelqu’un sur qui la nation en danger de mort peut
compter que quand déjà sur le banc de l’amphi il est conscient des problèmes de
la société. Nous avons connu des étudiants qui non seulement ne se sont jamais
intéressés aux questions qui minaient leur entourage social immédiat, mais qui
mettaient même les bâtons dans les roues de tous ceux qui tentaient une
entreprise patriotique, d’intérêt commun pour ne pas dire national. Et quoi de
plus normal si une fois dans les affaires hautement socio-politque à l’échelle
d’une nation ils nous offrent un spectacle désolant !
Avec notre projet de faire en sorte que l’étudiant remérite le rôle de
porteur d’ « urumuri » la lumière comme à la belle époque les
étudiants avaient emblématiquement et à juste titre nommé l’université, nous
n’avons aucun doute que le Burundi de demain sera autre chose.
Pour le Parti CDP
Sébastien Ntahongendera
Porte-Parole
PREMIERE RENCONTRE DES COORDINATEURS REGIONAUX ET DES DELEGUES PROVINCIAUX DU PARTI
Dominique Ngenzirabona
Coordinateur National du Parti CDP.
Sous la présidence de Monsieur Dominique Ngenzirabona, Coordinateur National, le CDP a tenu à Kamenge, ce 5 octobre 2008, une réunion extraordinaire à l’intention des Coordinateurs régionaux et des Délégués provinciaux du Parti. Pour Lire la suite, cliquer ici
DU PROJET DE SOCIETE DU
CDP :
LE CAS DE L’EDUCATION
NATIONALE
Depuis notre première sortie officielle qui a eu lieu à Bruxelles le 29 mars 2008 et où nous avons donné un « avant-goût du plat » que nous préparons pour le Burundi, les appétits n’ont pas cessée de grimper chez les uns et les autres ; ils sont plus que nombreux qui nous demandent de déroger à la pratique classique - qui consiste à ne rendre public le projet de société d’un parti que de façon solennelle- pour leur dévoiler les fins fonds de notre Projet de Société. Jusqu’ici, nous étions toujours restés intraitables face à cette demande. Mais vu l’insistance des demandeurs, nous avons choisi de porter à la connaissance du public ne serait-ce que quelques points de ce que nous envisageons pour le Burundi de « tout à l’heure ». Pour lire la suite, cliquer ici
LE CDP
VIENT D’ETRE ENREGISTRE COMME PARTI DEMANDEUR D’AGREMENT
Jeudi le
31 juillet 2008
Anicet Niyonkuru
Président du Parti CDP
C’est
fait. Accompagné de Monsieur Dominique Ngenzirabona, Représentant
légal Adjoint du Parti CDP, Monsieur Anicet Niyonkuru vient de
déposer ce Mercredi 30 juillet 2008 à 11H45 le dossier de demande
d’agrément de son Parti le CDP, Conseil Des Patriotes. Il vient
ainsi de faire son entrée dans le cercle - qui il faut l’avouer s’ouvre et s’agrandit
de plus en plus - des hommes et
des femmes qui ont proposé pour le Burundi un projet de
société sur le plan national.
Pour
les Inserukarukamvye comme se dénomment les militants du CDP,
c’est un pas très important dans la mesure où certains
travaillaient avec timidité pour un parti qui, c’est le moment de
le dire, a la particularité de dire tout le non-dit sur le Burundi.
Mais
qui est en quelques mots- puisqu’on y revendra à une autre
occasion -, l’homme qui vient d’ainsi entrer dans l’histoire
politique du Burundi ?
Anicet
Niyonkuru est né en 1968 à Musotera en commune Mpinga-Kayove,
province Rutana.
Après
ses études secondaires successivement au Lycée Musinzira et au
Lycée Mushasha, il entre à l’Université du Burundi
où il fait des études de Langue et Littérature Françaises.
L’assassinat
du Président Ndadaye en 1993 ainsi que les conflits sanglants
inter-ethniques qui l’ont suivi viennent pour perturber ses
études, alors qu’il fait sa première Licence. Entre autres
incidents graves qui ont perturbé son séjour au Campus
Universitaire de Mutanga, on peut noter le défoncement de sa chambre
n° 76 au Tropicanat II par des étudiants
extrémistes qui voulaient mettre un terme à
ses jours. Par ce hasard qui fait que
l’homme ne se trouve pas
toujours au mauvais endroit au mauvais moment, Anicet Niyonkuru
n’avait pas passé la nuit dans sa chambre. Les malfaiteurs ont
découpé tout ce qui était dans sa chambre en mille
morceaux avant de mettre une croix rouge sur la porte. Ce fut son dernier jour
à l’Université du Burundi.
Après
cet attentat, d’autres faits qui n’étaient pas de nature
à sécuriser les étudiants de l’ethnie Hutu feront
qu’ils désertent tous l’Université et sacrifient
l’année académique 93-94.
En
collaboration avec certains autres étudiants ayant été
forcés de quitter l’Université, Niyonkuru fonde Le
Témoin-Nyabusorongo, le journal le plus populaire et le plus lu,
après Ndongozi, que le Burundi ait connu. Il en devient Directeur de
Publications.
A deux
reprises, le siège du journal, qui servait en même temps de
résidence pour le groupe dans cette Kamenge bondée à craquer
de tous ce qui avaient été contraints de quitter presque tous les
quartiers populaires de Bujumbura durant la chasse à l’«
Iboro[1] », sera réduit en cendre par les
bombes incendiaires de l’armée nationale. Dans le tumulte de cette
chasse à l’homme, Niyonkuru se fait engagé comme agent de
l’USI (Unité de Sécurité des Institutions), Service
dépendant directement de la Présidence de la République.
Il est
alors plus que filé.
Par
exemple, de passage dans le Quartier Ngagara au volant de sa Suzuki mini-jeep,
il essuie des tires d’armes d’assaut qui pulvérisent les
vitres du véhicule sans faire de dégâts humains.
Cet
énième attentat le décide à quitter le pays pour la
Côte d’Ivoire.
Là,
il reprend ses études et obtient un diplôme de Maîtrise en
Sciences et Techniques de la Communication , un Certificat de DESS
(Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées)
Marketing et une Licence en Sociologie.
Il
travaille comme enseignant de Marketing et de Communication à la Grande
Ecole d’Etudes Commerciales de Cocody-Angré, avant de devenir
successivement Directeur Administratif et Technique de la Société
Africaine de Communication (SAFCOM), une entreprise de communication et de
marketing, Directeur de Apte-Com, une autre entreprise de communication et de marketing et
Rédacteur en Chef de INVESTIR UEMOA, un Magazine Economique de
l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.
Durant
son séjour en Côte d’Ivoire, Niyonkuru a fait montre non
seulement d’un attachement indéfectible à la patrie par le
truchement de la culture, mais aussi d’un sens exceptionnel
d’organisation de la communauté estudiantine burundaise en
Côte d’Ivoire.
Sur le
plan culturel, on enregistre à son actif la fabrication des tambours en
Côte d’Ivoire, ce
qui n’est pas de l’eau à boire pour beaucoup d’autres
Burundais de la diaspora, qui, s’ils en ont besoin, les font venir du Burundi.
Tambourinaire
assermenté, il entreprend d’apprendre les tambours aux
étudiants burundais de Côte d’Ivoire. A travers la SEB-CI (
Solidarité des Etudiants Burundais de Côte d’Ivoire)
qu’il dirigera pour 4 ans avec deux mandats électifs, ces tambours
se montreront non seulement comme véritable ambassadeur du Burundi, mais
aussi de vraies ressources de revenus qui viendront en aide aux étudiants
n’ayant pas de bourses, pour
le payement des frais d’inscription qui variaient de 200.000 à
350.000 FCFA.
Depuis
sa prise de conscience de la problématique de la révolution
burundaise,
Niyonkuru
n’a jamais tourné le dos aux questions politiques. Déjà
au lycée de Mushasha, il a été élu
Secrétaire de la précieuse section JRR[2] ,
dans un établissement où les garçons représentaient
à peine 1%.
Durant
son séjour à l’étranger, Niyonkuru n’a jamais
oublié qu’il n’avait pas quitté son pays pour un
voyage d’agrément, mais à cause des problèmes
politiques. N’était-il pas d’ailleurs représentant du
CNDD en Côte d’Ivoire ?
Comme
si le sort avait décidément choisi de faire de son métier
d’informateur du peuple sa condamnation, Niyonkuru quitte la Côte
d’Ivoire en décembre 2000, traqué par les Services
de Renseignements Ivoiriens sous le régime du
Général-
Président Robert Guei, non sans avoir marché de Treichville
à Cocody- ce qui, pour un fonctionnaire ivoirien de son calibre
n’était pas, à cette époque, un fait ordinaire-
quand son véhicule de service a été raflé par
l’armée pendant les mouvements populaires historiques qui ont
accompagné la venue de Laurent
Gbagbo au pouvoir.
Entre
autres qualités personnelles, Niyonkuru est connu comme travailleur
infatigable. « Me reposer signifie changer d’activité
», dit-il à certains quand ils lui rappellent de se reposer.
Il est
aussi amoureux de l’intérêt commun ; il n’y a pas
d’activité appelant le sacrifice des intérêts
personnels pour le bien-être de la communauté à laquelle il
s’est soustrait, souvent
à grand péril y compris le risque de perdre la vie.
Il est
marié et père de 4 enfants dont deux adoptifs.
Il
parle 5 langues : le kirundi, le kiswahili, le français,
l’anglais, et l’allemand.
Sébastien
Ntahongendera, Porte-parole du Parti CDP
![]()
[1] A l’origine, le mot
signifie „marchandise obtenue à vil prix et souvent en contre -
bande, pour être vendue à prix d’or.
Pendant les campagne de la balkanisation de Bujumbura, il
signifiait „ Hutu“, en vertu du fait que l’assassinat
d’un Hutu équivalait à une somme d’argent dont le
montant variait selon l’importance social ou politique de la personne
assassinée. Ainsi distinguait-on „iboro“
d’ikiboro“ le gros gibier.
[2] Jeunesse
Révolutionnaire de Rwagasore, un mouvement intégré de
L’Uprona, dont, à l’époque, tout élève
était membre de fait.
Vendredi, 4 juillet 2008
DE
L’INTERPRETATION ERRONEE D’UN POINT SUR L’IDEOLOGIE DU CDP
PAR LA RADIO ISANGANIRO
Après la libération de son
Président qui venait de passer une semaine en garde à vue, le CDP
n’a pas cessé de faire
parler de lui. Malheureusement, cela n’a pas toujours été
de bonne aloi, à l’image de
ce que, dans ses publications de samedi le 26 et dimanche le 30, la radio privée Isanganiro
nous a laissés entendre. Mettant à profit le sens de
l’écoute et du
discernement qui nous caractérise, nous n’avons pas voulu
réagir à chaud, surtout que d’autres dires, les uns plus
pertinents que les autres, nous arrivaient d’autres sources ; nous
avons voulu y réserver une même réplique, pour ne pas avoir
à dire plusieurs fois la même chose.
Commentant d’une
drôle de manière méthodologique un
pilier parmi tant d’autres qui font l’épine dorsale du
CDP, un journaliste de Radio Isanganiro ne
s’est pas privé de lui faire dire l’exact contraire de ce
qu’il dit ! Et non
seulement il a fait montre d’une très mauvaise et dangereuse
lecture d’un des points de l’idéologie du CDP, mais aussi
a joué aux juges de la Cour
d’Appel en prononçant contre le président du CDP
emprisonnement et amandes.
Que dit d’abord, pour commencer, ce
pilier ?
« LA SOLIDARITE
INTRA-ETHNIQUE HUTU D’ABORD COMME PREALABLE DE TOUT AFFRANCHISSEMENT,
CELLE INTRA-ETHNIQUE ENSUITE COMME MODALITE DE DEVELOPPEMENT POUR TOUS ET NON
COMME UN DEVOIR DE RECONNAISSANCE D’UN EX-ESCLAVE A SON
EX-MAITRE ».
D’après l’interprétation du journaliste,
ce point va à l’encontre de la Charte de l’Unité
Nationale et, partant, de la Constitution.
L’argumentaire du journaliste souffrait
d’un manque de rigueur, d’abord au niveau de la forme. Je ne
l’apprends à personne, c’est trop facile d’isoler un
élément de son ensemble et de faire planer l’esprit dans
les cieux de votre choix pour parachuter
des conclusions taillées sur votre mesure. Au niveau du
CDP, nous sommes suffisamment outillés pour ne pas nous laisser prendre
par ce genre de procédé paralogique, que Norman Baillargeons, dans son Petit
cours d’autodéfense intellectuelle, qualifie d’ailleurs
de « hareng fumé », c’est-à-dire
flâner comme la fumée
et « discuter sur
une nouvelle piste en oubliant
celle que vous poursuiviez » !
La sémantique élémentaire nous enseignant qu’un passage
d’un texte n’a de sens que placé dans son contexte, je me dois de regretter ainsi tout un procès mal
placé que la Radio Isanganiro a fait de l’idéologie du CDP,
à partir d’un point extrait de tout un ensemble !
Et puis, le sens n’est que dans la relation.
Je me demande alors pourquoi le
journaliste n’a pas
daigné jouxter à ce
pilier l’autre qui lui était pourtant contigu dans le document
qu’il prétendait avoir sous ses yeux , et
par lequel nous prônons le « respect révérenciel
du caractère sacré de la vie », si bien que nous sommes opposés même
à la peine de mort !
Déjà au niveau de la forme donc,
l’argumentaire de Radio Isanganiro était
une méprise.
Et la forme présumant souvent le fond, cette erreur de
méthodologie ne pouvait
qu’aboutir à des incongruités. Et faisant toujours appel à d’autres
procédés bien connus dans l’art de convaincre
sans raison, le journaliste a conclu en disant que le pilier violant la Charte de
l’Unité Nationale, il faut que le président du CDP écope un emprisonnement allant
jusqu’à 3 ans assorti d’amande allant jusqu’à
100 mille francs.
On connaît trop le procédé ; ca
s’appelle « l’appel à la peur », cf.
auteur précitée!
Tout ceci considéré, c’est le moment
de présenter à l’opinion publique nationale et
internationale notre conception de l’Unité Nationale. A sa
lecture, les Burundais pourront enfin comprendre, j’en suis
persuadé, qu’une
Charte de l’Unité Nationale ne doit pas se réduire à
une « Charte Chargée de seulement parler de
l’Unité Nationale » ; il faut que cette
unité vive et qu’elle soit un socle de prospérité
économique.
C’est ainsi que pour nous
l’unité nationale doit forcément prendre en compte au moins
deux volets :
-
la condamnation de la politique de divaid
et impera dont la classe politique hutu fait objet ;
-
la considération de la stabilité des 85% de
la population burundaise comme élément moteur de développement
économique pour tous.
1. De
l’unité intra-hutu sapée par la politique de divaid et impera et qu’on
n’a pas de remords à la prêcher
Le CDP, et ceux qui l’ignoraient n’ont
qu’à se le tenir pour dit, c’est d’abord et avant un
parti d’une génération de Hutu et de Tutsi venue pour résoudre les
problèmes et non pour en
profiter pour s’enrichir ! Et quand on s’engage dans une
politique de résolution des problèmes, on l’ajuste par
rapport aux intérêts de ceux qui en font les frais et non par
rapport à ceux de ceux qui les ont engendrés .
Or, ceux qui aujourd’hui payent les pots cassés par la guerre
intra-hutu, ce ne sont pas les politiciens ; ce sont les populations,
toutes ethnies confondues : Qui, par exemple, peut nous dire sans sourcier que la guerre CNDD- FDD –PALIPEHUTU -
FNL est une bonne affaire pour le sort des Burundais ? A supposer
même que la guerre intra –hutu n’affecte que les Hutu, je
dois dire que la condamner rentre dans l’ordre naturel de la
réconciliation et non la remise en chantier de l’unité nationale !
Quoi qu’il en soit, c’est ma
première fois d’entendre traiter de contraire à la l’unité nationale un
enseignement de l’amour au sein d’un peuple ; c’est ma
première fois d’apprendre
que dire au Hutu d’arrêter de s’entre-tuer
mérite la prison ! Et si je comprends
bien, les tragiques exterminations intra-ethniques que nous avons
observées depuis le maquis, la guerre intra hutu par FDN et PALIPEHUTU-
FNL interposés, les massacres des Hutu de Muyinga par
d’autres Hutu, bref la guerre ouverte intra -hutu, et tout cela téléguidé par plusieurs satellites aux
intérêts politiciens croisés, il ne faut pas s’en
faire, il faut laisser aller, au risque de violer la Charte de
L’Unité Nationale !
Quel sadisme politique ! En tout cas, si telle est cette charte,
je lui dois certes respect en vertu
de certaines thèses théoriques qu’elle véhicule,
mais je réalise qu’ils
sont nombreux qui finalement la
respectent sans la comprendre à fond.
Nous au CDP, nous avons une politique de
l’unité nationale et non celle de l’unité entre les
individus qui se réconcilient pour leurs propres intérêts
tout en alimentant la haine entre les autres Burundais, histoire de se
maintenir sur leur dos ! Et ceux qui lisent notre politique de travers, ce
sont ceux qui ne veulent pas comprendre que tout ce que nous vivons
résulte d’un passé qu’on ne peut pas se rappeler sans
avoir envie de le dépasser. Or, on ne dépasse pas une histoire en
négligeant les risques de sa réédition. Tenez : On massacre au moins 400
hauts et moyens cadres hutu entre 1993 et 1996. En une nuit de juin en 1995, au
moins 100 étudiants Hutu sont massacrés - par des personnes qui
ne peuvent être
identifiées ». Dans la même période
1993-1996- tous les Hutu des quartiers populaires de Bujumbura ont
été sommés de les évacuer, leurs biens saisis, ou
incendiés. Le désarrois total du peuple
hutu jettera les plus sensibles et
capables sur le chemin de la rébellion. Et comme pour donner raison aux
crimes du passé, on arrive au maquis pour s’y entre-tuer à
l’envie ! Au sortir du maquis, on tourne les armes contre les ancien frères d’armes, avant de
remplir les geôles de
ceux qui ont la chance d’être capturés vifs devant témoins. Le
résultat est connu : c’est tout le peuple burundais qui souffrent, Hutu comme Tutsi, car « après
la guerre il y a eu la guerre ».
Alors, on vient d’où pour aller où ?
Nous, nous avons choisi de condamner ce
déplacement de la belligérance. Ceux qui y trouvent plaisir, nous
les comprenons sans les soutenir ; tous les goûts sont dans la
nature ; même l’Holocauste a eu ces adulateurs ! Nous ne sommes pas de ceux-là !
Ceci dit,
s’il y a quelqu’un qui peut tomber malade parce que les 6
millions de Hutu cessent de s’entre-tuer, alors
nous préférons qu’il tombe malade ! L’opinion doit
comprendre que l’époque est dépassée où les griots des génocidaires
chantaient impunément : « Un Hutu qui tue un
Hutu, c’est un effort de moins » !
Nous, nous tremblons devant la mort de tout
Burundais, y compris quand le bourreaux est de la même ethnie que la victime.
Et c’est ça le
départ pour une
véritable réconciliation nationale ; on ne demande pas
à deux peuples de s’aimer tout en frissonnant à la moindre
idée qu’au sein
d’un des deux l’unité est une réalité !
C’est comme un chrétien catholique de l’Irlande du Nord qui
dirait : « Je suis pour l’unité de l’Eglise
du Christ, mais nous devons la réaliser tout en encourageant en parole,
par action ou par omission, des conflits sanglants aux seins des Protestants » !
Le CDP a tourné le dos à ce genre de
sadisme politique, tant pis si
ça ne plaît pas à tous !
Nous, nous avons trouvé que la cohésion entre les Hutu est aussi
une pierre pour la construction de la cohésion nationale. Ceux qui nous
condamnent parce que nous
condamnons les conflits sanglants
intra-hutu, je ne sais pas s’ils seraient contents de voir
naître une guerre rangée et meurtrière entre l’UPRONA
et le PARENA, par exemple ! Pourquoi veut-on
nous obliger de fêter quand
ce sont les Hutu qui s’entre-déchirent ?
Et ce que l’on oublie, c’est que la
guerre intra-hutu est d’abord et avant tout un coup fatal pour
l’économie du pays ; priver les Hutu de la stabilité,
c’est amputer les sources humaines burundaises d’au moins 85% de
ses effectifs ; et ça se paye cash ! C’est cela
l’autre piste de lecture de notre conception de l’unité
nationale.
2. De la stabilité
des Hutu comme élément moteur du développement pour tous
Au Burundi, nous crions famine,
pauvreté ; nous nous étonnons de nous retrouver caracoler
dans les 3 derniers pays les plus pauvres de la planète. Si cela nous
étonne, c’est que nous
ne sommes pas conséquents avec nous –même.
En effet, quand on évoque la socio-genèse du retard de l’Afrique, on
mentionne souvent le fait que la déportation a emmené le nec plus
ultra de la main d’oeuvre africaine. Ce qui me trouble, c’est
qu’aucun Burundais ne s’est jamais donné le courage et les
moyens intellectuels d’évaluer le manque à gagner
causé par l’exclusion, à tous les points de vue, d’au
moins 85% de la population burundaise pendant plus d’un demi
siècle, et surtout l’élimination physique de toutes les
forces productrices Hutu. Qu’on soit sérieux ! Et pour
comprendre cet angle de l’analyse, il suffit de prendre n’importe
quel pays du monde et de l’imaginer dans les même
conditions historiques que celles des peuples burundais. Par
exemple, imaginez un seul
instant les quelques 12-13 % que composent la population noire
américaine exclure de tous les
secteurs de la vie nationale le reste de la population américaine ,
et ce pendant plusieurs décennies ; imaginer qu’à
cette exclusion s’ajoute une idéologie d’extermination, et
allez me trouver une puissance américaine !
Or, pour l’Afrique en général
et pour le Burundi en particulier, c’est d’autant plus pertinent
que la production est d’abord et avant tout le fait du bras de
l’homme et non de la machine !
Dans tous les cas, aucun pays au monde ne peut prospérer quand
l’écrasante majorité de sa population mène une vie
de 24 heures pas certainement renouvelable ! Est-il besoin
d’être éminent économiste pour le
comprendre ? Et quand
l’on sort d’une histoire politique d’exclusion et d’extermination
systématique pour qu’à peine à la
port de la sortie on s’engage dans des tragédies sanguinaire
internes comme il est regrettable de le constater aujourd’hui, dites-vous
que le pays est en passe de la disparition, et ce n’est que les sadiques
qui s’en réjouiraient ; il faut être tombé
d’une autre planète pour fustiger une politique qui condamne
ça !
En dernière analyse, même si on
n’aime pas le CDP- et Dieu sait que nous ne demandons à personne
de nous aimer, mais de ne pas mesinterpreter notre
pensée -, il faut reconnaître qu’il a agi au bon
moment ; il faut admettre que sa politique est juste ce que demandent les Burundais , toutes ethnies confondues !
La politique Burundaise ne doit plus se
résumer en une dialectique à contradiction simple Hutu-Tusi, mais en un complexe où tous les pôles
doivent être tenus en considération. Autrement, ce serait une politique de l’émotion.
Nous devons dépasser l’émotion, nous devons, de façon
intelligente, éthiques et professionnelles, aller à la profondeur de la
dialectique de la société burundaise, et nous sommes
assurés de la compréhension de beaucoup de Hutu et de Tutsi qui
ont choisi d’évoluer pour
que le développement s’envisage avec le peuple et non à
côté du peuple.
Si
cela plaît à
quelqu’un que l’Unité Nationale règne entre Nkurunziza et Simbananiye –
ma foi à chacun ses saints -, entre Adolphe et Bikomagu...,
et jamais entre Nyangoma et Minani,
entre Jérémie et Radjabu, entre Niyonkuru et Rufyikiri..., alors nous disons mais attendez ! de quelle Unité Nationale parlez-vous ?
Nous on n’aime pas la zizanie politique sanglante, y compris
quand elle surgit entre les Hutu.
Si on est dans le faux, « Turamaze » !
Sébastien Ntahongendera,
Secrétaire Général et Porte-Parole du CDP :
Pourquoi l’union des formations
politiques actuellement en présence au Burundi n’est non
seulement pas possible mais aussi
non avantageuse ?
²DE L’UNION DES FAIBLES NE NAÎT QU’UNE
PLUS GRANDE FAIBLESSE²
Message
posté le 16 octobre 2007
Bonjour Anicet!
Après avoir passé en revue les publications
sur votre projet politique en préparation, force est de constater que
la politique, que ce soit au Burundi ou partout ailleurs au monde, est loin
d'atteindre la perfection.
Vous avez parfaitement raison dans vos analyses sur la gestion politique
actuelle par le pouvoir CNDD-FDD qui avait pourtant suscité tant
d'espoir au niveau de la population. Les mêmes analyses s'appliquent
malheureusement aux différents pouvoirs qui l'ont précédé.
Cette similitude me pousse personnellement à conclure à une crise
profonde de leadership capable remettre le pays sur les rails après la
disparition de nos deux héros nationaux RWAGASORE et NDADAYE que nous
commémorons d'ailleurs en ce moment. Faudrait-il
nécessairement passer par la création d'un nouveau parti
politique pour y remédier ?
La première intuition nous répondrait par l'affirmative. Mais
n'oubliez pas que ces partis qui
nous déçoivent aujourd'hui étaient nouveaux hier et qu'ils
suscitaient le même engouement et le même dynamisme que le
vôtre. Quelle est alors cette garantie supplémentaire que vous
avez à offrir au peuple burundais après ses nombreuses
déceptions ? Les nouveaux partis ont toujours su bien paraître
et séduire mais la réalité finit toujours par les rattraper.
Ceci s'explique aisément par le manque de vision commune des
initiateurs. Les exemples sont multiples; prenez le cas le plus frappant de Feu
S.E. Melchior NDADAYE. Son parti n'a pas survécu après son
départ. La liste pourrait s'allonger facilement.
A mon humble avis, il existe certainement d'autres
solutions que de passer par le création d'un nouveau parti. Les
burundais sont sûrement fatigués de ces partis qui promettent le
beau temps pour simplement implanter leur supplématie et qui finissent
comme une peau de chagrin.
Une des approches qui me paraît acceptable
présentement serait probablement de commencer par nous remettre en
cause, du genre laver les sales langes en famille, en vue de tendre
plutôt vers la formation d'une famille politique puissante au lieu de
nous désagréger davantage. J'entends par là une
réconciliation beaucoup plus active des rescapés des
différentes tragédies. Les raisons qui me poussent à
cette réflexion sont multiples mais la principale est que l'analyse
approfondie des programmes politiques de la plupart des partis hutus par
exemple révèle qu'ils ne diffèrent pas fondamentalement.
Autrement dit, leurs véritables objectifs sont douteux. La preuve en est
le résultat.
Nous aurons certainement l'occasion d'en discuter en long
et en large mais je pense que vous avez déjà bien fait de
sensibiliser l'opinion face au dérapage du régime actuel, somme
toute dangereux. Je pense que les politiciens burundais tirent difficilement
des leçons de leur histoire. J'ose espérer que le peuple burundais
finira par se relever un jour.
A très bientôt.
N.B. : C’est nous qui soulignons
Réponse
Merci encore une fois d’avoir fait suite
à ma communication. Et comme je le fais d’habitude pour
d’autres, j’extrais de votre réaction les points qui me paraissent
trop pertinents pour ne pas y réagir. Ils sont au nombre de 3 :
1.
La question de la
perfection
La perfection en politique est encore loin comme
vous le dites. Je vous y rejoins
parfaitement. Je ne sais pas seulement si vous parlez de la conception
théorique de notre projet de société, ou alors si vous
parlez de la perfection au niveau de la pertinence de ce projet de
société par rapport aux défis de l’heure.
Prenons le premier cas. Jusqu’aux
élections, si jamais elles ont lieu, notre marche aura successivement 5
vitesses ; et toutes leurs modalités ont été
déjà conçues. A l’heure qu’il est, nous en
sommes à la phase que nous appelons ²opération première
vitesse². (Je tiens à
préciser qu’avec le lancement officiel du Parti le 02
février 2008, nous avons enclenché la 2ème vitesse).
C’est par exemple ces communications et échanges que nous faisons.
Etant donné que lesdits échanges ne peuvent faire
transparaître ni toute l’idéologie, ni tout le projet de
société du Parti, ils peuvent laisser le lecteur sur sa soif.
Cela peut être interprété comme une imperfection dans la
communication politique. Si par ailleurs, cette imperfection transparaît
dans le texte à l’oeil nu, vous nous rendrez un grand service de
nous la signaler.
S’agissant maintenant de la pertinence de
notre projet de société. Nous vous demandons de vous armer de
patience. Il est contenu dans une œuvre qui nous a pris deux ans de
réflexion et de rédaction. Il sortira incessamment. Mais avant sa sortie, nous
recevons toujours et volontiers l’une ou l’autre idée
nouvelle pour une amélioration éventuelle.
2.
De l’alternative
que vous proposez
Je sens que vous êtes réticent
à la création d’une nouvelle formation politique. En lieu
et place, vous proposez d’abord une remise en question de nous-mêmes
et puis une réunification des forces politiques déjà en
présence.
Pour la remise en question, je suis
entièrement d’accord avec vous. S’agissant de la
réunification des forces politiques en présence, mon enthousiasme
a vacillé. D’abord, je
ne crois pas à l’axiome de l’union qui fait la force ; je crois plutôt
que c’est la force qui fait l’union. De toutes façons, de l’union des faiblesses ne
naît qu’une plus grande faiblesse. Et cela semble
être une loi naturelle. Par exemple, un nombre négatif ajouté
à un nombre négatif, ça fait bien sûr un grand nombre mais négatif, alors
qu’un négatif ajouté à un positif amoindrit ce
dernier, si du moins ma mathématique est encore bonne.
Soyons concret ! Au niveau du CDP, nous
sommes par exemple contre tout conflit armé. Mieux encore, nous sommes
opposés à tout assassinat quelque soit le motif. Déjà à ce niveau,
nos positions sont avec certaines formations politiques
irréconciliables.
Toujours par rapport à cette réunification que vous proposez,
j’aimerais vous dire ceci : avant d’être une association
politique, un parti politique est d’abord une association des hommes. Et
avec ce que j’ai pu vivre et entendre de l’histoire des mouvements
politiques révolutionnaires du Burundi, ajoutant cela aux maigres connaissances
que j’ai pu glaner dans les bouquins des politiques
révolutionnaires, j’ai pu comprendre ceci :
l’éclatement d’un mouvement social, qu’il soit
d’ailleurs politique ou autre, est irréversible.
Le vœu que vous formulez pour une
réunification des formations politiques en présence, Léonard
Nyangoma l’a tenté. Dans d’autres associations
d’autres natures, l’exemple des religions est éloquent.
Aujourd’hui par exemple, l’Œcuménisme est de la vieille
histoire. Et ceci tient d’une loi simple. Les contradictions entre les
hommes, et à plus forte raison les hommes réunis autour
d’un projet politique, sont absolues, inévitables. Et les raisons
qui les sous-tendent sont tellement naturelles et plus fortes que nul ne peut
les éviter. En politique, l’homme clairvoyant ne cherche pas à les
étouffer, car il s’y casserait inutilement la gueule. Il
s’en accommode.
C’est pourquoi à un certain moment de
leur évolution, les hommes ont créé le concept de “l’opposition
politique”.
Ce concept consiste à gérer à bon escient les tentions au lieu de les ignorer ou de les mâter. C’est ce que Nkurunziza n’a pas pu savoir faire. Nul bon leader n’aimerait qu’après la guerre