"Si tu ne sais pas où tu vas, n'oublie pas au moins d'où tu viens". Proverbe togolais

DE LA 1ère RENCONTRE DES PATRIOTES-INSERUKARUKAMVYE REPRESENTANTS DU CDP DANS LES DIFFERENTES UNIVERSITES DU PAYS.

 

Sous la présidence de Monsieur Benjamin Mpawenimana Administrateur Permanent et Coordinateur National Adjoint du Parti, les Représentants du CDP dans les différentes Universités et/ou Campus Universitaires du pays se sont réunis à Kamenge ce dimanche 26/ 10/ 2008.

Etaient inscrits à l’agenda les points suivants :

1. L’historique du Parti et son état d’implantation actuellement à l’échelle nationale ;

2. L’explication de la devise, des symboles et des insignes du Parti ; 

3.Un aperçu sur le Projet de Société ;  

4. Un exposé sur les stratégies de recrutement, de propagande et de mobilisation.

Comme il est de coutume, le désormais célèbre « Hane sangwe », l’hymne du parti, a retenti avant le début des communications.

 

Prononçant le mot d’accueil, Monsieur Eliezer Bigirimana Commissaire chargé de la Coordinations des Sections du Parti dans les Universités, a tenu à remercier les étudiants représentants les différentes universités et/ou campus universitaires, qui, à l’exception de celle ( puisque c’est justement une « elle ») représentant l’Université Ntare Rugamba, avaient pris part au rendez-vous. Note avec la mention « très bien » a été accordée à ceux qui étaient venus des universités de l’intérieur du pays à savoir Mwaro, Ngozi, et Kiremba-Sud, mais aussi celui venu du Campus Zege ( Gitega). Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette note particulière n’était pas une simple formalité d’usage, vu les problèmes des étudiants que tous nous savons ou pouvons nous imaginer sur tous les plans. C’est dire combien la jeunesse estudiantines est vraiment « sur la ligne ». « Bari ku murongo », pour reprendre notre slogan fétiche, que l’on ne peut traduire sans l’endommager !

 

Toujours dans le chapitre des remerciements, Eliezer a tenu a apprécié la priorité que le CDP accorde à la jeunesse estudiantine, surtout pour l’avoir conviée dès les premiers moments de son existence à participer activement à sa mission d’exhumer la patrie.

 

Le discours de circonstance a été prononcé par Monsieur Benjamin Mpawenimana, Administrateur Permanent et Coordinateur National - Adjoint du parti.

Dans l’ensemble, ce discours était articulé sur l’historique du Parti C.D.P et son état actuel.

A titre de rappel, il s’indique de signaler que le CDP se veut un forum d’une génération des Burundais exempte de tout soupçon par rapport aux crimes de tous ordres – crimes de sang, crime économiques et consort -, bref, une génération de Hutu, de Tutsi , de Twa et d’autres Burundais de différantes autres origines respirant un air patriotique neuf et nouveau, déterminés à faire en sorte qu’il n’y ait plus « des Burundais à part entière et des Burundais entièrement à part ».

 

Damas Bakuranimana, Administrateur à l’Economie et aux Finances, a pris la parole pour expliquer les signes, les symboles et la devise du Parti.

Vu les confusions qui de la part de certains entourent l’interprétation des signes et des symboles du CDP notamment en ce qui est des couleurs ( le rouge, le blanc et le bleu) , il faut dire que cette sorte de « cours de sémiologie » ou l’étude scientifique des signes pour dire simple, tombait bien à propos.

Nous ne le répéterons jamais assez, le CDP se trouve être, en effet, un parti burundais fondé par des hommes et des femmes burundais et qui se sentent fiers d’être Burundais, des patriotes pour être complet. Cela étant, tout ce que nous faisons de signes et de symboles se doit d’être interprété non pas à la lumière des philosophies importées, mais selon notre histoire et/ou notre culture à nous. On ne bâtit pas une maison sur la fondation d’une autre !

Ainsi, la couleur rouge que l’on trouve sur le drapeau du CDP symbolise le sang des innocents burundais versé par les Burundais et non par d’hypothétiques étrangers - digressions que j’assume - « qui sont venus briser l’harmonie nationale » . Ma foi, « le mur ne fend pas, l’araignée n’y entre pas », dit un proverbe baoulé, alors que « akica urugo karuva imbere » ( ce qui tue le ménage est ce qui lui vient de l’intérieur) , pour faire appel à notre sagesse.

L’ampleur des dégâts humains et matériels, dont nous même nous sommes auteurs, excusera, je crois, cette digression.

Revenons à nos couleurs.

La position du rouge en bas du drapeau signifie que nous avons, hélas, bâti notre pays sur une fondation sanguinolente et que nous devons en être conscients, au lieu de nous fabriquer une conscience idiotement tranquille et de traiter de tous les noms d’oiseaux ceux qui réclament la reconnaissance de la douleur, réparation et pardon. C’est à ce seul prix qu’un repentir pourra être possible. En effet, on ne soigne pas l’histoire salle d’une nation en l’ignorant. Prenant conscience de la lourdeur de notre passé, nous pourrons nous en affranchir par une sorte d’exorcisme et de joie d’être acquittés. Ca se dit « kwambikwa izera  » (littéralement porter le linge blanc, ce qui signifie être quitte de toute accusation) ; ça renvoie à « kwiraba ingondo » (littéralement « se blanchir le visage avec du kaolin », geste rituel qui signifie se faire exorciser et se prémunir contre toutes les forces maléfiques.

C’est sur tout ce réseaux de symboliques que nous nous sommes appuyés pour doter notre drapeau d’une couleur blanche, qui se pose au dessus du rouge. Ainsi faisant, c’est-à-dire passant de la reconnaissance de nos inimitiés les uns envers les autres à la volonté pratique de nous blanchir et nous affranchir, nous atteindrons le bleu ciel, dégagé de toute nuage, lequel ciel symbolise dans notre culture la beauté parfaite (Cf. l’expression « gusa n’ijuru rya Kugwa » littéralement «  ressembler au ciel sans nuage), qui signifie être d’une beauté rare.

 

Gilbert Sekamana, Commissaire Chargé de la formation politique et idéologique du CDP, a succédé à Damas pour parler de l’idéologie du Parti et de son projet de société. Dans une maîtrise verbale rare, une connaissance de sa matière et une approche méthodologique qui n’ont pas trahi son diplôme universitaire de psycho-pédagogue, il a développé les chantiers que s’est engagé à réaliser le CDP, en martelant notamment les secteurs comme, l’agriculture et l’élevage, l’éducation, l’énergie et la protection de l’environnement, le secteur socio – culturel, les corps de défense et de sécurité, qui, une fois pris au sérieux par les gouvernants, feront passer le Burundi de « PPTE » à « PPME » , soit de « Pays Pauvre Très Endetté » à Pays Pauvre Moins Embêté) . Car la pauvreté n’est pas une malédiction, et moins encore une raison nécessaire et suffisance de refuser la paix aux peuples. « Umworo yigumije aruta umukungu yiyobewe », un pauvre plein de dignité vaut plus qu’un nanti plein de vanité. C’est encore dans la sagesse burundaise ! « Gutashwa iteka »  avoir la dignité, comme stipulé dans notre devise, nous n’avons pas besoins d’être la première puissance en richesses naturelles pour y parvenir. Il suffit de nous organiser, apprivoiser nos aptitudes et nos potentialités, nous mettre à l’esprit que nous devons « kuva i buja » quitter l’indignité, pour « kuja ku murongo » nous organiser, avec le peu qui nous appartient !

 

Philippe Nderagakura, Commissaire chargé du recrutement, a clôturé la liste des orateurs avec les stratégies de recrutement, de propagande et de mobilisation, des stratégies que pour des raisons qui vont de soi je vous laisse ignorer encore.

Etant donné la distance que devaient parcourir les représentants des Universités de l’intérieur du pays, les divers et « le verre » ont été fait concomitamment.

 

Le CDP remercie encore une fois toutes les personnes qui se sont données pour que ce rendez-vous soit une réussite. A la jeunesse estudiantine, le CDP promets encore un engagement sans faille dans la résolution des problèmes qui accablent l’école en générale et l’enseignement supérieur en particulier. Notre devise en matière de l’enseignement supérieur est simple. PRENDRE AU SERIEUX LES ETUDIANTS, C’EST VACCINER LA NATION CONTRE L’INCIVISME ET L’AMATEURISME POLITIQUE . En effet, certains s’étonnent de constater que dans notre Burundais en perte de vitesse sur tous les projets de l’humanité, même les Burundais bardés de diplômes ne font pas la différence. Je vous fais d’abord économie du débat, qui est trop connu, sur la différence entre un instruit et un intellectuel. Revenant sur cet étonnement face à l’incivisme de certains de nos dirigeants lourds en connaissances livresques, je dirais que souvent on ne fait pas attention à la différence qu’il y a entre la révolution et a réaction, et de file en aiguille, entre un réactionnaire et un révolutionnaire. Cette différence se remarque portant déjà sur le banc des amphis ! Un étudiant n’est susceptible de devenir quelqu’un sur qui la nation en danger de mort peut compter que quand déjà sur le banc de l’amphi il est conscient des problèmes de la société. Nous avons connu des étudiants qui non seulement ne se sont jamais intéressés aux questions qui minaient leur entourage social immédiat, mais qui mettaient même les bâtons dans les roues de tous ceux qui tentaient une entreprise patriotique, d’intérêt commun pour ne pas dire national. Et quoi de plus normal si une fois dans les affaires hautement socio-politque à l’échelle d’une nation ils nous offrent un spectacle désolant !

 

Avec notre projet de faire en sorte que l’étudiant remérite le rôle de porteur d’ « urumuri » la lumière comme à la belle époque les étudiants avaient emblématiquement et à juste titre nommé l’université, nous n’avons aucun doute que le Burundi de demain sera autre chose.

 

 

Pour le Parti CDP

Sébastien Ntahongendera

Porte-Parole

 



MESSAGE  DE SOUTIEN DU PRESIDENT DU CDP A LA JEUNESSE ESTUDIANTINE  


Anicet Niyonkuru
Anicet Niyonkuru
Président du Parti CDP

 

Mesdames messieurs, vaillants  Patriotes ;

 

Du point de vue gouvernance ainsi que les implications directes de celle-ci par rapport au sort du  peuple, notre patrie traverse une crise d’une ampleur telle que beaucoup se demandent  s’il reste encore des voies exploitables pour nous en sortir.

 

Mesdames Messieurs, vaillants Patriotes ;

 

« Ceux qui vivent, ce sont ceux  qui luttent », disait Victor Hugo.

Et comme nous ne cessons de le répéter au CDP, voler au secours de celui qui pleure tout le temps ne consiste pas à pleurer avec lui, mais à s’interroger avec sagesse sur les sources  profondes de ses fontaines de larmes et à  les boucher une bonne fois pour toutes. C’est ce que nous appelons « bien dégager la problématique pour bien baliser une politique ».

 

Aujourd’hui plus qu’hier, tous les burundais pleurent. Au cabaret, les bouchent ne savent que dire : le pays va mal ; dans les bureaux, on pleure ; c’est la même chose dans les salons ; on pleure ;  au marché, on pleure ; dans les écoles , et les éducateurs et les éduqués, tous pleurent ; même dans les  couvents, on pleure.  Bref, et pour parodier  de Vigny,  nous ne mourons pas tous, mais tous nous sommes frappés. Voilà l’état des lieux.

 

Mais alors, faut-il continuer à  nous contenter de pleurer comme des oisillons orphelins ? Faut-il continuer à crier aux scandales et baisser les bras ? Faut-il nous résoudre à  nous tourner vers un Dieu magicien capable de transformer par je ne sais quel deus ex machina les feuilles d’arbres en billets de banque et les pierres en pain ?

 

Sans épouser sur toute sa ligne  la philosophie de de Vigny que  je parodiais  tout à l’heure notamment quand il dit que prier c’est également lâche - car moi aussi je prie- , je crois tout de même  que ce poète français a totalement raison quand il dit que pleurer, crier, c’est également lâche. On va pleurer et crier jusqu’à quand ?

     

Mesdames messieurs , vaillants  Patriotes ;

 

L’heure est grave ; le moment n’est plus celui de nous réduire en vaines satires et récriminations contre nos dirigeants, qui d’ailleurs ne sont souvent que les continuateurs d’une pourriture politique et nos ses inventeurs ; le moment est de nous remettre tous en cause pour nous engager résolument sur la ligne du progrès ; la révolution s’impose. Une révolution pas au sens archaïque du mot notamment l’ébranlement de l’ordre ancien  y compris par le désordre , mais une révolution des consciences : nous devons savoir ce que nous voulons réellement. Et Huntington n’a pas tort quand il dit ceci : « Quand les intellectuels veulent la démocratie, ils l’obtiennent ».

Ce n’est pas de la démocratie qu’il s’agit, dont certes  nous avons besoins mais qui est aujourd’hui une réalité si existentielle telle qu’en faire un débat et un ordre du jour serait comme dire que le miel est sucré ; c’est de ses retombées directes qu’il me tient à cœur de mettre en place. Et ces retombées se résument en ceci : le bien être des peuples. Et qui, en ligne d’avant-garde, doit aiguillonner cette démarche ? C’est bien sûr la jeunesse en général et celle estudiantine en particulier.

Dans toutes les révolutions du monde moderne, les étudiants ont joué un rôle déterminant ; j’en citerais les cas à n’en point finir. Et si mon souci est d’abord de mettre notre jeunesse sur la ligne, « kubashira ku murongo » pour utiliser notre slogan fétiche, ce n’est pas pour rien. L’avenir de la politique  du Burundi repose sur la jeunesse universitaire. Où que le bât blesse, c’est que les pouvoirs qui se sont succédés ont toujours fait de ce secteur sensible de la nation le dernier de leurs soucis. Ce que nous vivons actuellement est bien sûr  de l’inédit. Un étudiant qui ne mange pas au moins trois fois par jour, un étudiant qui ne peut être logé, un étudiant pour qui le transport n’est pas subventionné par l’Etat, un étudiant qui ne peut avoir accès sur internet, etc., ma foi, tout est fait pour qu’il devienne tout sauf ce que l’on attend de lui !

 

L’Université n’est pas un luxe ; c’est une nécessité vitale pour la vie d’une nation digne de ce nom ! Moins encore, l’Université n’est pas un  jardin d’enfants ; l’Université, ça  devrait être une sorte de vestiaire pour des hommes prêts à livrer un derby contre les défis de tous ordres ! Et pour ce réussir, il faut que les gouvernements se ressaisissent ! Les promesses farfelues notamment les gratuités inutiles et inutilisables, ce n’est pas cela qui va révolutionner l’intelligentsia burundaise.

Au niveau du CDP, nous avons pensé une politique pleine d’avenir par rapport à l’intelligentsia burundaise. Je n’y reviendrais pas pour le moment, je renvoie tout un chacun consulter notre projet de société au chapitre de l’Education. Avec les réformes que nous envisageons, nous n’avons pas de doute que l’Université va recouvrer ses lettres de noblesses longtemps ternies. Mais pour réussir cette politique, l’implication de la jeunesse universitaire se trouve être plus un impératif catégorique  qu’une nécessité.

 

J’ai adhéré à la lutte révolutionnaire depuis que j’étais au lycée. Et si vous voulez savoir ce que d’autres vaillants étudiants révolutionnaires et moi avons valu, renseignez-vous suffisamment  sur l’histoire de la chambre 76 au Tropicana II. Les maigres fruits  de la révolution que  les Burundais récoltent actuellement, c’est aussi et surtout dans les milieux estudiantins que leur graine a été semée.

 

Ceci dit mesdames messieurs vaillants Patriotes, le Burundi entier compte sur vous en ce qui est de  la sortie du tunnel. Demain, c’est vous qui serez appelés à être les étoiles du pays, dans tous les domaines. Et dès aujourd’hui, vous devez vous y  préparer. Partout où vous êtes, ayez toujours à l’esprit  que personne d’autre ne sera à votre place pour faire la fondation de notre maison commune à nous tous, qu’est notre chère patrie. Et quand la fondation est bancale, c’est toute la maison qui s’écroule à la première secousse.

Imprégnez-vous de l’idéologie du CDP, faites vôtre notre projet de société ; prenez conscience de notre sort et jugez vous-même si cela vaut la peine de continuer à vivre comme nous vivons actuellement ou si nous devons faire un virage en angle aigu, aigu et bien pointu  ; mettez sur la balance notre politique et celles des autres, et agissez en conséquence.

 

Mesdames messieurs, vaillants  Patriotes ;

 

Je m’en voudrais de terminer mon propos sans attirer votre attention sur certaines choses.

Nous ne le dirons jamais assez, Cishe Bugufi ; murabe mubone, musimbe akiziri nti mukite akaziba.

 

Ces paroles qui font le dernier couplet de notre hymne ne sont pas de simples discours d’embellissement poétique ! Réfléchissez-y ! Dans ces moments où la politique burundaise traverse une  zone de turbulence la plus périlleuse de son histoire, certains viennent avec des mots mieleux, d’autres avec des appâts. Ecoutez-les et confrontez-les à la vérité.  Demandez-leur de vous dire leurs palmarès, donc les signes qui ne trompent pas,  qui prouvent qu’ils ont été un jour des hommes et des femmes  dignes d’estime. Car une  politique qui doit changer une société, on ne  la griffonne pas  en moins de rien,  pour les besoins des élections en perspective ; on grandit dedans ; on évolue avec dans le temps et dans l’espace. Sinon, c’est trop facile d’avoir vécu toute sa vie sans moindre réalisation digne d’estime sur son actif et se lever un bon jour pour distribuer monts et merveilles, histoire de  séduire l’électorat. Les Burundais ne sont pas dupes, et à plus forte raison vous, la fine fleur de l’intelligentsia ! 

 

Autre conseil à vous donner : ne cédez pas au militantisme banlieusard pour bafouer  ceux qui ne partagent pas votre vision patriotique ; évitez la confrontation, les discussions stériles ;  n’insultez pas ; passez plus de temps à venter les mérites de notre politique qu’à  vouer aux gémonies celles des autres. Car ce que vous devez savoir, quelle que soit sa perversité, aucune insulte ne transforme  Lucifer en Archange Michel ! Laissez la critique et les calomnies à ceux qui n’ont que cela comme  projet politique ;  enseignez les idéaux de notre politique.

 

Je termine en vous souhaitant encore et toujours la paix dans vos familles et dans votre entourage immédiat. Soyez solidaires ! Le mot « solidarité » que comporte notre devise, n’en faites pas un simple slogan ! Dans vos faits et gestes, faites montre du souci pour autrui ;

 

Muhane sangwe

Musangwe intahe

Mutashwe iteka

 

 

 

Pour le Parti CDP
Anicet Niyonkuru
Président



PREMIERE RENCONTRE DES COORDINATEURS REGIONAUX ET DES DELEGUES PROVINCIAUX DU PARTI


Dominique Ngenzirabona
Coordinateur National du Parti CDP.

Sous la présidence de Monsieur Dominique Ngenzirabona, Coordinateur National, le CDP a tenu à Kamenge, ce 5 octobre 2008, une réunion extraordinaire à l’intention des Coordinateurs régionaux et des Délégués provinciaux du Parti. Pour Lire la suite, cliquer ici





DU PROJET DE SOCIETE DU CDP :

LE CAS DE L’EDUCATION NATIONALE

 

Depuis notre première sortie officielle qui a eu lieu à Bruxelles le 29 mars 2008 et nous avons donné  un « avant-goût du plat » que nous préparons pour le Burundi, les  appétits n’ont pas cessée de grimper chez les uns et les autres ; ils sont plus que nombreux qui nous demandent de déroger à la pratique classique - qui consiste à ne rendre public le projet de société d’un parti que de façon solennelle-  pour leur dévoiler les fins fonds de notre Projet de Société. Jusqu’ici, nous étions toujours restés intraitables face à cette demande. Mais vu  l’insistance des demandeurs, nous avons choisi de porter à la connaissance du public ne serait-ce que quelques points de ce que nous envisageons pour le Burundi de « tout à l’heure ». Pour lire la suite, cliquer ici

 

 




LE CDP VIENT D’ETRE ENREGISTRE COMME PARTI DEMANDEUR D’AGREMENT

 

 

Jeudi le 31 juillet 2008


Anicet Niyonkuru
Anicet Niyonkuru
Président du Parti CDP

 

 

C’est fait. Accompagné de Monsieur Dominique Ngenzirabona, Représentant légal Adjoint du Parti CDP, Monsieur Anicet Niyonkuru vient de déposer ce Mercredi 30 juillet 2008 à 11H45 le dossier de demande d’agrément de son Parti le CDP, Conseil Des Patriotes. Il vient ainsi de faire son entrée dans le cercle - qui il faut l’avouer s’ouvre et s’agrandit de plus en plus - des hommes et des femmes qui ont proposé pour le Burundi un projet de société sur le plan national.

 

Pour les Inserukarukamvye comme se dénomment les militants du CDP, c’est un pas très important dans la mesure où certains travaillaient avec timidité pour un parti qui, c’est le moment de le dire, a la particularité de dire tout le non-dit sur le Burundi.

 

Mais qui est en quelques mots- puisqu’on y revendra à une autre occasion -, l’homme qui vient d’ainsi entrer dans l’histoire politique du Burundi ?

Anicet Niyonkuru est né en 1968 à Musotera en commune Mpinga-Kayove, province Rutana.

Après ses études secondaires successivement au Lycée Musinzira et au Lycée Mushasha, il entre à l’Université du Burundi où il fait des études de Langue et  Littérature  Françaises.

 

L’assassinat du Président Ndadaye en 1993 ainsi que les conflits sanglants inter-ethniques qui l’ont suivi viennent pour perturber ses études, alors qu’il fait sa première Licence. Entre autres incidents graves qui ont perturbé son séjour au Campus Universitaire de Mutanga, on peut noter le défoncement de sa chambre n° 76 au Tropicanat II par des étudiants extrémistes qui voulaient mettre un terme à ses jours. Par ce hasard qui fait que l’homme ne se trouve pas  toujours au mauvais endroit au mauvais moment, Anicet Niyonkuru n’avait pas passé la nuit dans sa chambre. Les malfaiteurs ont découpé tout ce qui était dans sa chambre en mille morceaux avant de mettre une croix rouge sur la porte. Ce fut son dernier jour à l’Université du Burundi.

Après cet attentat, d’autres faits qui n’étaient pas de nature à sécuriser les étudiants de l’ethnie Hutu feront qu’ils désertent tous l’Université et sacrifient l’année académique 93-94.

 

En collaboration avec certains autres étudiants ayant été forcés de quitter l’Université, Niyonkuru fonde Le Témoin-Nyabusorongo, le journal le plus populaire et le plus lu, après Ndongozi, que le Burundi ait connu. Il en devient Directeur de Publications.

A deux reprises, le siège du journal, qui servait en même temps de résidence pour le groupe dans cette Kamenge bondée à craquer de tous ce qui avaient été contraints de quitter presque tous les quartiers populaires de Bujumbura durant la chasse à l’« Iboro[1] », sera réduit en cendre par les bombes incendiaires de l’armée nationale. Dans le tumulte de cette chasse à l’homme, Niyonkuru se fait engagé comme agent de l’USI (Unité de Sécurité des Institutions), Service dépendant directement de la Présidence de la République.

Il est alors plus que filé.

Par exemple, de passage dans le Quartier Ngagara au volant de sa Suzuki mini-jeep, il essuie des tires d’armes d’assaut qui pulvérisent les vitres du véhicule sans faire de dégâts humains.

Cet énième attentat le décide à quitter le pays pour la Côte d’Ivoire.

 

Là, il reprend ses études et obtient un diplôme de Maîtrise en Sciences et Techniques de la Communication , un Certificat de DESS (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées) Marketing et une Licence en Sociologie.

Il travaille comme enseignant de Marketing et de Communication à la Grande Ecole d’Etudes Commerciales de Cocody-Angré, avant de devenir successivement Directeur Administratif et Technique de la Société Africaine de Communication (SAFCOM), une  entreprise de communication et de marketing, Directeur de Apte-Com, une autre entreprise de  communication et de marketing et Rédacteur en Chef de INVESTIR UEMOA, un Magazine Economique de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine.

 

Durant son séjour en Côte d’Ivoire, Niyonkuru a fait montre non seulement d’un attachement indéfectible à la patrie par le truchement de la culture, mais aussi d’un sens exceptionnel d’organisation de la communauté estudiantine burundaise en Côte d’Ivoire.

Sur le plan culturel, on enregistre à son actif la fabrication des tambours en Côte   d’Ivoire, ce qui n’est pas de l’eau à boire pour beaucoup d’autres Burundais de la diaspora, qui, s’ils en ont besoin,  les font venir du Burundi.

Tambourinaire assermenté, il entreprend d’apprendre les tambours aux étudiants burundais de Côte d’Ivoire. A travers la SEB-CI ( Solidarité des Etudiants Burundais de Côte d’Ivoire) qu’il dirigera pour 4 ans avec deux mandats électifs, ces tambours se montreront non seulement comme véritable ambassadeur du Burundi, mais aussi de vraies ressources de revenus qui viendront en aide aux étudiants n’ayant pas de bourses,  pour le payement des frais d’inscription qui variaient de 200.000 à 350.000 FCFA.

 

Depuis sa prise de conscience de la problématique de la révolution burundaise,

Niyonkuru n’a jamais tourné le dos aux questions politiques. Déjà au lycée de Mushasha, il a été élu Secrétaire de la précieuse section JRR[2] , dans un établissement où les garçons représentaient à peine 1%.

Durant son séjour à l’étranger, Niyonkuru n’a jamais oublié qu’il n’avait pas quitté son pays pour un voyage d’agrément, mais à cause des problèmes politiques. N’était-il pas d’ailleurs représentant du CNDD en Côte d’Ivoire ?

Comme si le sort avait décidément choisi de faire de son métier d’informateur du peuple sa condamnation, Niyonkuru quitte la Côte d’Ivoire en décembre 2000, traqué par les Services de Renseignements Ivoiriens sous le régime du Général- Président Robert Guei, non sans avoir marché de Treichville à Cocody- ce qui, pour un fonctionnaire ivoirien de son calibre n’était pas, à cette époque, un fait ordinaire- quand son véhicule de service a été raflé par l’armée pendant les mouvements populaires historiques qui ont accompagné la venue de Laurent  Gbagbo au pouvoir.

 

Entre autres qualités personnelles, Niyonkuru est connu comme travailleur infatigable. « Me reposer signifie changer d’activité », dit-il à certains quand ils lui rappellent de se reposer.

Il est aussi amoureux de l’intérêt commun ; il n’y a pas d’activité appelant le sacrifice des intérêts personnels pour le bien-être de la communauté à laquelle il s’est soustrait, souvent  à grand péril y compris le risque de perdre la vie.

 

Il est marié et père de 4 enfants dont deux adoptifs.

Il parle 5 langues : le kirundi, le kiswahili, le français, l’anglais, et l’allemand.

 

 

Sébastien Ntahongendera, Porte-parole du Parti CDP

 


[1] A l’origine, le mot signifie „marchandise obtenue à vil prix et souvent en contre - bande, pour être vendue à prix d’or.

Pendant les campagne de la balkanisation de Bujumbura, il signifiait „ Hutu“, en vertu du fait que l’assassinat d’un Hutu équivalait à une somme d’argent dont le montant variait selon l’importance social ou politique de la personne assassinée. Ainsi distinguait-on „iboro“ d’ikiboro“ le gros gibier.

[2] Jeunesse Révolutionnaire de Rwagasore, un mouvement intégré de L’Uprona, dont, à l’époque, tout élève était membre de fait.

 


Vendredi,  4 juillet 2008

 

DE L’INTERPRETATION ERRONEE D’UN POINT SUR L’IDEOLOGIE DU CDP PAR LA RADIO ISANGANIRO

 

Après la libération de son Président qui venait de passer une semaine en garde à vue, le CDP n’a pas cessé de  faire parler de lui. Malheureusement, cela n’a pas toujours été de bonne aloi, à l’image de  ce que, dans ses publications de samedi le 26 et dimanche le 30,  la radio privée  Isanganiro nous a laissés entendre. Mettant à profit le sens de l’écoute et  du discernement qui nous caractérise, nous n’avons pas voulu réagir à chaud, surtout que d’autres dires, les uns plus pertinents que les autres, nous arrivaient d’autres sources ; nous avons voulu y réserver une même réplique, pour ne pas avoir à dire plusieurs fois la même chose.

 

Commentant d’une drôle de  manière méthodologique un pilier parmi tant d’autres qui font l’épine dorsale du CDP, un journaliste de Radio Isanganiro ne s’est pas privé de lui faire dire l’exact contraire de ce qu’il dit !  Et non seulement il a fait montre d’une très mauvaise et dangereuse lecture d’un des points de l’idéologie du CDP, mais aussi a  joué aux juges de la Cour d’Appel en prononçant contre le président du CDP emprisonnement et amandes.

 

Que dit d’abord, pour commencer, ce pilier ?

 

« LA SOLIDARITE INTRA-ETHNIQUE HUTU D’ABORD COMME PREALABLE DE TOUT AFFRANCHISSEMENT, CELLE INTRA-ETHNIQUE ENSUITE COMME MODALITE DE DEVELOPPEMENT POUR TOUS ET NON COMME UN DEVOIR DE RECONNAISSANCE D’UN EX-ESCLAVE A SON EX-MAITRE ».

 

D’après  l’interprétation du journaliste, ce point va à l’encontre de la Charte de l’Unité Nationale et, partant, de la Constitution.

L’argumentaire du journaliste souffrait d’un manque de rigueur, d’abord au niveau de la forme. Je ne l’apprends à personne, c’est trop facile d’isoler un élément de son ensemble et de faire planer l’esprit dans les cieux de votre choix pour parachuter  des conclusions taillées sur votre mesure.  Au niveau du CDP, nous sommes suffisamment outillés pour ne pas nous laisser prendre par ce genre de procédé paralogique, que Norman Baillargeons, dans son Petit cours d’autodéfense intellectuelle, qualifie d’ailleurs de « hareng fumé », c’est-à-dire flâner  comme la fumée et  « discuter sur une  nouvelle piste en oubliant celle que vous poursuiviez » !

La sémantique  élémentaire  nous enseignant qu’un passage d’un texte n’a de sens que placé  dans son contexte,  je me dois de regretter ainsi   tout un procès mal placé que la Radio Isanganiro  a fait de  l’idéologie du CDP, à partir d’un point extrait de tout un ensemble !

Et puis, le sens n’est que dans la relation. Je me demande alors  pourquoi le journaliste  n’a pas daigné  jouxter à ce pilier l’autre qui lui était pourtant contigu dans le document qu’il prétendait avoir sous ses yeux , et par lequel nous prônons le « respect révérenciel du caractère sacré de la vie », si bien que  nous sommes opposés même à la peine de mort !

 

Déjà au niveau de la forme donc, l’argumentaire de Radio Isanganiro était une méprise. 

Et la forme présumant souvent  le fond, cette erreur de méthodologie ne  pouvait qu’aboutir à des incongruités. Et faisant toujours  appel à d’autres procédés  bien  connus dans l’art de convaincre sans raison, le journaliste a conclu en disant  que le pilier violant la Charte de l’Unité Nationale, il faut que le  président du CDP  écope  un emprisonnement allant jusqu’à 3 ans assorti d’amande allant jusqu’à 100 mille francs.

On connaît trop  le procédé ; ca s’appelle « l’appel à la peur », cf. auteur précitée!

 

Tout ceci considéré, c’est le moment de présenter à l’opinion publique nationale et internationale notre conception de l’Unité Nationale. A sa lecture, les Burundais pourront enfin comprendre, j’en suis persuadé,  qu’une Charte de l’Unité Nationale ne doit pas se réduire à une « Charte Chargée de seulement parler de l’Unité Nationale » ; il faut que cette unité vive et qu’elle soit un socle de prospérité économique.

 

C’est ainsi que pour nous l’unité nationale doit forcément prendre en compte au moins deux volets :

 

-         la condamnation de la politique de divaid et impera dont la classe politique hutu fait objet ;

-         la considération de la stabilité des 85% de la population burundaise comme élément moteur de   développement économique pour tous.

 

 

 

1. De l’unité intra-hutu sapée par la politique de divaid et impera et qu’on n’a pas de remords à la prêcher

 

Le CDP, et ceux qui l’ignoraient n’ont qu’à se le tenir pour dit, c’est d’abord et avant un parti d’une génération de Hutu et de Tutsi  venue pour résoudre les problèmes et non  pour en profiter pour s’enrichir ! Et quand on s’engage dans une politique de résolution des problèmes, on l’ajuste par rapport aux intérêts de ceux qui en font les frais et non par rapport à ceux de ceux qui les ont engendrés . Or, ceux qui aujourd’hui payent les pots cassés par la guerre intra-hutu, ce ne sont pas les politiciens ; ce sont les populations, toutes ethnies confondues :  Qui, par exemple,  peut  nous dire sans sourcier que  la guerre CNDD- FDD –PALIPEHUTU - FNL est une bonne affaire pour le sort des Burundais ? A supposer même que la guerre intra –hutu n’affecte que les Hutu, je dois dire que la condamner rentre dans l’ordre naturel de la réconciliation et non la remise en chantier de l’unité nationale  ! 

 

Quoi qu’il en soit, c’est ma première fois d’entendre traiter  de contraire à la   l’unité nationale un enseignement de l’amour au sein d’un peuple ; c’est ma première fois d’apprendre  que dire au Hutu d’arrêter de s’entre-tuer mérite la prison  ! Et si je comprends bien, les tragiques exterminations intra-ethniques que nous avons observées depuis le maquis, la guerre intra hutu par FDN et PALIPEHUTU- FNL interposés, les massacres des Hutu  de Muyinga par d’autres Hutu, bref la guerre ouverte intra -hutu,  et tout cela    téléguidé  par plusieurs satellites aux intérêts politiciens croisés, il ne faut pas s’en faire, il faut laisser aller, au risque de violer la Charte de L’Unité Nationale !  Quel sadisme politique ! En tout cas, si telle est cette charte, je  lui dois certes respect en vertu de certaines thèses théoriques qu’elle véhicule, mais  je réalise qu’ils sont nombreux qui  finalement la respectent sans la comprendre à fond.

 

Nous au CDP, nous avons une politique de l’unité nationale et non celle de l’unité entre les individus qui se réconcilient pour leurs propres intérêts tout en alimentant la haine entre les autres Burundais, histoire de se maintenir sur leur dos ! Et ceux qui lisent notre politique de travers, ce sont ceux qui ne veulent pas comprendre que tout ce que nous vivons résulte d’un passé qu’on ne peut pas se rappeler sans avoir envie de le dépasser. Or, on ne dépasse pas une histoire en négligeant les risques de sa réédition.  Tenez : On massacre au moins 400 hauts et moyens cadres hutu entre 1993 et 1996. En une nuit de juin en 1995, au moins 100 étudiants Hutu sont massacrés - par des personnes qui ne peuvent être  identifiées ». Dans la même période 1993-1996- tous les Hutu des quartiers populaires de Bujumbura ont été sommés de les évacuer, leurs biens saisis, ou incendiés. Le désarrois total du peuple hutu jettera  les plus sensibles et capables sur le chemin de la rébellion. Et comme pour donner raison aux crimes du passé, on arrive au maquis pour s’y entre-tuer à l’envie ! Au sortir du maquis, on tourne les armes contre les ancien frères d’armes, avant de remplir   les geôles de ceux qui ont la chance d’être capturés  vifs devant témoins. Le résultat est connu : c’est tout le peuple burundais qui souffrent, Hutu comme Tutsi, car « après la guerre il y a eu  la guerre ». Alors, on vient d’ pour aller ?

Nous,  nous avons choisi de condamner ce déplacement de la belligérance. Ceux qui y trouvent plaisir, nous les comprenons sans les soutenir ; tous les goûts sont dans la nature ; même l’Holocauste a eu ces adulateurs  ! Nous ne sommes pas de ceux-là ! 

 

Ceci dit,  s’il y a quelqu’un qui peut tomber malade parce que les 6 millions de Hutu cessent de s’entre-tuer, alors nous préférons qu’il tombe malade ! L’opinion doit comprendre que l’époque est dépassée les griots  des génocidaires  chantaient impunément  : « Un Hutu qui tue un Hutu, c’est un effort de moins » !

Nous, nous tremblons devant la mort de tout Burundais, y compris quand le bourreaux est  de la même ethnie que la victime. Et c’est  ça le départ  pour une véritable réconciliation nationale ; on ne demande pas à deux peuples de s’aimer tout en frissonnant à la moindre idée  qu’au sein d’un des deux l’unité est une réalité ! C’est comme un chrétien catholique de  l’Irlande du Nord qui dirait : «  Je suis pour l’unité de l’Eglise du Christ, mais nous devons la réaliser tout en encourageant en parole, par action ou par omission, des conflits sanglants aux seins des Protestants » !

Le CDP a tourné le dos à ce genre de sadisme politique,  tant pis si ça ne plaît pas à tous  ! Nous, nous avons trouvé que la cohésion entre les Hutu est aussi une pierre pour la construction de la cohésion nationale. Ceux qui nous condamnent  parce que nous condamnons les conflits sanglants  intra-hutu, je ne sais pas s’ils seraient contents de voir naître une guerre rangée et meurtrière entre l’UPRONA et le PARENA, par exemple  ! Pourquoi veut-on nous obliger de fêter  quand ce sont les Hutu qui s’entre-déchirent ?

Et ce que l’on oublie, c’est que la guerre intra-hutu est d’abord et avant tout un coup fatal pour l’économie du pays ; priver  les Hutu de la stabilité, c’est amputer les sources humaines burundaises d’au moins 85% de ses effectifs ; et ça se paye cash ! C’est cela l’autre piste de lecture de notre conception de l’unité nationale.

 

2. De la stabilité des Hutu comme élément moteur du  développement pour tous

 

Au Burundi, nous crions famine, pauvreté ; nous nous étonnons de nous retrouver caracoler dans les 3 derniers pays les plus pauvres de la planète. Si cela nous étonne, c’est  que nous ne sommes pas conséquents avec nous –même.

 

En effet, quand on évoque la socio-genèse du retard de l’Afrique, on mentionne souvent le fait que la déportation a emmené le nec plus ultra de la main d’oeuvre africaine. Ce qui me trouble, c’est qu’aucun Burundais ne s’est jamais donné le courage et les moyens intellectuels d’évaluer le manque à gagner causé par l’exclusion, à tous les points de vue, d’au moins 85% de la population burundaise pendant plus d’un demi siècle, et surtout l’élimination physique de toutes les forces productrices Hutu. Qu’on soit sérieux ! Et pour comprendre cet angle de l’analyse, il suffit de prendre n’importe quel pays du monde et de l’imaginer dans les même conditions historiques que  celles des peuples burundais. Par exemple,  imaginez un seul instant  les quelques 12-13 %  que composent la population noire américaine exclure de tous les  secteurs de la vie nationale le reste de la population  américaine , et ce pendant plusieurs décennies ; imaginer qu’à cette exclusion s’ajoute une idéologie d’extermination, et allez me trouver une puissance américaine !

Or, pour l’Afrique en général et pour le Burundi en particulier, c’est d’autant plus pertinent que la production est d’abord et avant tout le fait du bras de l’homme et non de la  machine !

 

 Dans tous les cas, aucun pays  au monde ne peut prospérer quand l’écrasante majorité de sa population mène une vie de 24 heures pas certainement renouvelable ! Est-il besoin d’être éminent économiste pour le comprendre ?  Et quand l’on sort d’une histoire politique  d’exclusion  et d’extermination systématique pour qu’à peine à la port de la sortie on s’engage dans des tragédies sanguinaire internes comme il est regrettable de le constater aujourd’hui, dites-vous que le pays est en passe de la disparition, et ce n’est que les sadiques qui s’en réjouiraient ; il faut être tombé d’une autre planète pour fustiger une politique qui condamne ça !

 

En dernière analyse, même si on n’aime pas le CDP- et Dieu sait que nous ne demandons à personne de nous aimer, mais de ne pas mesinterpreter notre pensée -, il faut reconnaître qu’il a agi au bon moment ; il faut admettre que sa politique est juste ce que demandent les Burundais , toutes ethnies confondues !  

La politique Burundaise ne doit plus se résumer en une dialectique à contradiction simple Hutu-Tusi, mais en un complexe tous les pôles doivent être tenus en considération. Autrement, ce serait  une politique de l’émotion. Nous devons dépasser l’émotion, nous devons, de façon intelligente, éthiques et professionnelles,  aller à la profondeur de la dialectique de la société burundaise, et nous sommes assurés de la compréhension de beaucoup de Hutu et de Tutsi qui ont choisi d’évoluer pour  que le développement s’envisage  avec le peuple et non à côté du peuple. 

 Si cela  plaît à quelqu’un que l’Unité Nationale règne entre Nkurunziza et Simbananiye – ma foi à chacun ses saints -, entre Adolphe et Bikomagu..., et jamais entre Nyangoma et Minani, entre Jérémie et Radjabu, entre Niyonkuru et Rufyikiri...,  alors nous disons mais attendez ! de quelle Unité Nationale parlez-vous ?

Nous on n’aime pas la  zizanie politique sanglante, y compris quand elle surgit  entre les Hutu. Si on est dans le faux, « Turamaze » !

 

Sébastien Ntahongendera,

Secrétaire Général et Porte-Parole du CDP :                   

 

         


Pourquoi l’union des formations politiques actuellement en présence au Burundi n’est non seulement  pas possible mais aussi non avantageuse ?

 

²DE L’UNION DES FAIBLES NE NAÎT QU’UNE PLUS GRANDE FAIBLESSE²

 

Message posté le 16 octobre 2007

 

Bonjour Anicet!

 

Après avoir passé en revue les publications sur votre projet politique en préparation, force est de constater que la politique, que ce soit au Burundi ou partout ailleurs au monde, est loin d'atteindre la perfection.

Vous avez parfaitement raison dans vos analyses sur la gestion politique actuelle par le pouvoir CNDD-FDD qui avait pourtant suscité tant d'espoir au niveau de la population. Les mêmes analyses s'appliquent malheureusement aux différents pouvoirs qui l'ont précédé. Cette similitude me pousse personnellement à conclure à une crise profonde de leadership capable remettre le pays sur les rails après la disparition de nos deux héros nationaux RWAGASORE et NDADAYE que nous commémorons d'ailleurs en ce moment. Faudrait-il nécessairement passer par la création d'un nouveau parti politique pour y remédier ? La première intuition nous répondrait par l'affirmative. Mais n'oubliez pas  que ces partis qui nous déçoivent aujourd'hui étaient nouveaux hier et qu'ils suscitaient le même engouement et le même dynamisme que le vôtre. Quelle est alors cette garantie supplémentaire que vous avez à offrir au peuple burundais après ses nombreuses déceptions ? Les nouveaux partis ont toujours su bien paraître et séduire mais la réalité finit toujours par les rattraper. Ceci s'explique aisément par le manque de vision commune des initiateurs. Les exemples sont multiples; prenez le cas le plus frappant de Feu S.E. Melchior NDADAYE. Son parti n'a pas survécu après son départ. La liste pourrait s'allonger facilement.

A mon humble avis, il existe certainement d'autres solutions que de passer par le création d'un nouveau parti. Les burundais sont sûrement fatigués de ces partis qui promettent le beau temps pour simplement implanter leur supplématie et qui finissent comme une peau de chagrin.

Une des approches qui me paraît acceptable présentement serait probablement de commencer par nous remettre en cause, du genre laver les sales langes en famille, en vue de tendre plutôt vers la formation d'une famille politique puissante au lieu de nous désagréger davantage. J'entends par là une réconciliation beaucoup plus active des rescapés des différentes tragédies. Les raisons qui me poussent à cette réflexion sont multiples mais la principale est que l'analyse approfondie des programmes politiques de la plupart des partis hutus par exemple révèle qu'ils ne diffèrent pas fondamentalement. Autrement dit, leurs véritables objectifs sont douteux. La preuve en est le résultat.

Nous aurons certainement l'occasion d'en discuter en long et en large mais je pense que vous avez déjà bien fait de sensibiliser l'opinion face au dérapage du régime actuel, somme toute dangereux. Je pense que les politiciens burundais tirent difficilement des leçons de leur histoire. J'ose espérer que le peuple burundais finira par se relever un jour.

A très bientôt.

 

N.B. : C’est nous qui soulignons

 

 

Réponse

 

Merci encore une fois d’avoir fait suite à ma communication. Et comme je le fais d’habitude pour d’autres, j’extrais de votre réaction les points qui me paraissent trop pertinents pour ne pas y réagir. Ils sont au nombre de 3 :

 

 

1.      La question de la perfection

 

La perfection en politique est encore loin comme vous le  dites. Je vous y rejoins parfaitement. Je ne sais pas seulement si vous parlez de la conception théorique de notre projet de société, ou alors si vous parlez de la perfection au niveau de la pertinence de ce projet de société par rapport aux défis de l’heure.

 

Prenons le premier cas. Jusqu’aux élections, si jamais elles ont lieu, notre marche aura successivement 5 vitesses ; et toutes leurs modalités ont été déjà conçues. A l’heure qu’il est, nous en sommes à la phase que nous appelons ²opération première vitesse². (Je tiens à préciser qu’avec le lancement officiel du Parti le 02 février 2008, nous avons enclenché  la 2ème vitesse). C’est par exemple ces communications et échanges que nous faisons. Etant donné que lesdits échanges ne peuvent faire transparaître ni toute l’idéologie, ni tout le projet de société du Parti, ils peuvent laisser le lecteur sur sa soif. Cela peut être interprété comme une imperfection dans la communication politique. Si par ailleurs, cette imperfection transparaît dans le texte à l’oeil nu, vous nous rendrez un grand service de nous la signaler.

 

S’agissant maintenant de la pertinence de notre projet de société. Nous vous demandons de vous armer de patience. Il est contenu dans une œuvre  qui nous a pris deux ans de réflexion et de rédaction. Il sortira  incessamment. Mais avant sa sortie, nous recevons toujours et volontiers l’une ou l’autre idée nouvelle pour une amélioration éventuelle.

 

2.      De l’alternative que vous proposez 

 

Je sens que vous êtes réticent à la création d’une nouvelle formation politique. En lieu et place, vous proposez d’abord une remise en question de nous-mêmes et puis une réunification des forces politiques déjà en présence.

Pour la remise en question, je suis entièrement d’accord avec vous. S’agissant de la réunification des forces politiques en présence, mon enthousiasme a vacillé.  D’abord, je ne crois pas à l’axiome de l’union qui fait  la force ; je crois plutôt que c’est la force qui fait l’union. De toutes façons, de l’union des faiblesses ne naît qu’une plus grande faiblesse. Et cela semble être une loi naturelle. Par exemple, un nombre négatif ajouté à un nombre négatif, ça fait bien sûr  un grand nombre mais négatif, alors qu’un négatif ajouté à un positif amoindrit ce dernier, si du moins ma mathématique est encore bonne.

Soyons concret !  Au niveau du CDP, nous sommes par exemple contre tout conflit armé. Mieux encore, nous sommes opposés à tout assassinat quelque soit le motif.  Déjà à ce niveau, nos positions sont avec certaines formations politiques irréconciliables.

Toujours par rapport à cette  réunification que vous proposez, j’aimerais vous dire ceci : avant d’être une association politique, un parti politique est d’abord une association des hommes. Et avec ce que j’ai pu vivre et entendre de l’histoire des mouvements politiques révolutionnaires du Burundi, ajoutant cela aux maigres connaissances que j’ai pu glaner dans les bouquins des politiques révolutionnaires, j’ai pu comprendre ceci : l’éclatement d’un mouvement social, qu’il soit d’ailleurs politique ou autre, est irréversible.

 

Le vœu que vous formulez pour une réunification des formations politiques en présence, Léonard Nyangoma l’a tenté. Dans d’autres associations d’autres natures, l’exemple des religions est éloquent. Aujourd’hui par exemple, l’Œcuménisme est de la vieille histoire. Et ceci tient d’une loi simple. Les contradictions entre les hommes, et à plus forte raison les hommes réunis autour d’un projet politique, sont absolues, inévitables. Et les raisons qui les sous-tendent sont tellement naturelles et plus fortes que nul ne peut les éviter. En politique, l’homme clairvoyant ne  cherche pas à les étouffer, car il s’y casserait inutilement la gueule. Il s’en accommode.

C’est pourquoi à un certain moment de leur évolution, les hommes ont créé le concept de “l’opposition politique”.

Ce concept consiste à gérer à bon escient les tentions au lieu de les ignorer ou de les mâter.  C’est ce que Nkurunziza  n’a pas pu savoir faire. Nul bon leader n’aimerait qu’après la guerre