Rwanda: une proche du président entendue par des juges français
Rose Kabuye, collaboratrice du président rwandais Paul Kagame, a été transférée mercredi d’Allemagne en France et présentée à la justice dans une enquête sur l'attentat contre le président Habyarimana en 1994, dossier qui empoisonne les relations entre Paris et Kigali.
La responsable du protocole de la présidence, 47 ans, avait été arrêtée le 9 novembre à l'aéroport de Francfort, sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la France.
Rose Kabuye est arrivée mercredi en milieu d'après-midi à l'aéroport parisien de Roissy où elle a été "accueillie par un important comité d'accueil" de policiers, a annoncé l'un de ses avocats, Me Bernard Maingain.
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Relations France-Rwanda: une proche du président rwandais arrêtée en Allemagne
Une proche
du président rwandais Paul Kagame, Rose Kabuye, a été arrêtée
dimanche à l'aéroport de Francfort (Allemagne) sur mandat français, une arrestation qualifiée d'"abusive"
par
LE GOUVERNEMENT
ET LE FNL-PALIPEHUTU SOMMES DE FAIRE LA PAIX AVANT LA FIN DE L’ANNEE : C’EST LE MOINS QUE L’ON PUISSE LEUR DEMANDER!
« Ah’ubwo babahaye umwanya munini » (d’ailleurs on leur a donné trop de temps), disait une Burundaise
ce samedi, réagissant à une
question d’une journaliste
de la BBC en rapport avec cet ultimatum qui ne dit pas son nom.
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LE PRESIDENT DU CDP LIBERE, LE DROIT TOUJOURS ENCHAINE
Vendredi le 27
juin 2008
« On est impatient de connaître cette autorité qui
arrête quelqu’un et ordonne son emprisonnement sur base d’un
interrogatoire qu’il a barbouillé dans son « en-haut
», et non signé par le supplicié », avais-je
conclu le dernier chapitre d’un roman auquel je peux désormais
donner un titre : La mort du Droit.
Je suis heureux de vous annoncer, chers internautes, qu’un non -
lieu vient d’avoir lieu en faveur de Monsieur Anicet Niyonkuru
le président du CDP, par rapport aux tracasseries extrajudiciaires qui
pesaient sur lui.
En garde à vue depuis
samedi le 21 juin 2008 et toujours sous menace d’emprisonnement, Monsieur Niyonkuru vient, en effet, de recouvrer sa
liberté ce jeudi en début d’après –midi.
D’entré de jeu, je tiens à exprimer, au nom du Parti CDP et en mon nom propre,
mes profonds sentiments de gratitudes à toutes les personnes qui, de près
ou de loin, ont contribué au bon dénouement de cette saga digne d’un
film d’horreur. Et vu les conditions dans lesquelles il avait été
arrêté, l’heure n’est pas au triomphalisme,
bien au contraire ! Et ma conclusion partielle est que le droit se meurt
au Burundi.
En effet, quand un homme peut être arrêté sur un mandat
d’arrêt présenté verbalement ; quand un
interrogatoire judiciaire peut être soumis à un homme sans
qu’il ait le droit d’en avoir une moindre copie ; quand un
dossier judiciaire dactylographié peut, en cours de route d’un
échelon à l’autre, être transformé en
manuscrit par je ne sais quelle alchimie..., on est en droit de se demander
pourquoi nous Burundais nous sommes partis à
l’école, mieux, pourquoi nous avons des facultés de Droit
dans nos universités !
Anicet Niyonkuru vient de l’échapper belle, et c’est bien de nous en réjouir.
Mais comme la sortie inespérée
d’un coupe-gorge ne vaut que la leçon qu’on
en tire, je trouve que les Burundais devraient, doivent d’ailleurs,
sortir de leur confusion entre « vivre » et « exister »
et apprendre ! Ce qui est sûr, Monsieur Niyonkuru vient d’apprendre sa leçon.
Et le moins que l’on puisse dire,
c’est qu’il vient de réaliser la meilleure des entrées en
politique, pour un pays comme le nôtre !
En définitive, dire que cette saga n’avait d’enjeux que judiciaire, le doute
est permis.
Signalons qu’à trois reprises, le CDP vient de demander l’autorisation de tenir son Assemblée
Constituante pour essuyer toujours des refus dont les motifs sont à la limite du ridicule !
Rappelez-vous ou apprenez, dans un ordre d’idée tout autre
mais incitateur de quelque réflexe, que le type qui a arrêté
Monsieur Niyonkuru et qui a reçu d’«en
haut » l’ordre de le transférer à la Direction
Générale de la Documentation Nationale est le même qui, il
y a un semestre, avait transféré
les hommes accusés d’avoir cambriolé une agence de la BCB à Rutana.
Que ceux-ci soient arrivés à destination, personne ne le sait.
Tout ce que l’on sait d’eux , c’est que leurs corps seront
retrouvés en province Makamba, plus
précisément à Rukonwe,
après avoir
été tués « par
des personnes non identifiées », alors que « la
police poursuit des enquêtes ».
A bon entendeur, salut !
Sebastien Ntahongendera
Secrétaire Général et Porte-Parole
du CDP
LA NEBULEUSE DE L’ARBITRAIRE POURSUIT SON
ACHARNEMENT SUR LE PRESIDENT DU CDP.
« Roman à suivre » ! Ainsi avais-je conclu la communication où je décrivais les faits autour de l’arrestation rocambolesque d’Anicet Niyonkuru, le Président du Parti CDP.
Un roman vraiment ! Voici pour le moment comment les choses ont évolué, depuis l’interrogatoire au Commissariat de Police de Rutana, mardi le 24 juin 2008. Oui, 2008. Retenez l’année, à toutes fins utiles.
Après l’interrogatoire, qui a pris fin à midi , on a procédé aux formalités d’usage en matière d’interrogatoire, notamment la signature du procès verbal. J’avais précisé, dans mon texte précédent, que le supplicié avait demandé à ce que lui soit donné une copie de son interrogatoire, ce qui lui avait été opiniâtrement refusé. Un occidental qui me lit ou quiconque vit dans un pays en marche normale sur la trajectoire de l’humanité - qui est celle d’évoluer de la barbarie à la civilisation- peut ne pas accorder foi à ces propos. Qu’il fasse un séjour au Burundi ou qu’il fasse connaissance de la procédure judiciaire burundaise, il verra pire. Passons !
Quand l’ordre de le transférer au Bureau Central de la Documentation Nationale avait été annulé par celui de le maintenir au Commissariat de Rutana, l’ordre « venu d’en haut » avait enjoint le commissariat de transférer toutes affaires cessantes le p.v de l’interrogatoire au Procureur de la République. Dès prise de connaissance de cette étape, le procureur avait demandé qu’on lui transmette le dossier toutes affaires cessantes, ce qui avait été convenu : il l’attendait sur sa table en début d’après-midi. Hélas ! Ce n’est que le lendemain à 14 h 50, donc à 10 minutes de la fermeture des bureaux, qu’il a mis la main sur le dossier concernant l’arrestation de quelqu’un à qui aucun mandat d’arrêt n’avait jusque –là été exhibé ! Fallait-il alors que le Procureur émette un mandat d’arrêt contre quelqu’un après son arrestation ? Il n’est pas besoin d’être juriste pour déceler, déjà à ce niveau, jusqu’où le goût du mal rend peu intelligent ! Quand on n’a juré ne faire que du mal, il faut au moins, si on ne veut pas qu’il tourne contre vous, y verser tout ce que l’on a comme raisonnement !
De ce dossier dans les mains du procureur maintenant. Ici, je dois aménager
un flash-back. Après l’interrogatoire, Niyonkuru
avait apposé sa signature sur le dossier, avec soin de demander à ce que soient
copieusement barrés les interlignes et les « en-bas »
de chaque page. Cela, au moins, l’officier de la police judiciaire en charge de
l’interrogatoire l’avait respecté.
Autre précision :
le dossier, qui contenait des pages qu’il avait signées, était tapé
à la machine. Ce que le Procureur
de la République a reçu ce Mercredi comme dossier, voilà qui se trouve être
tout simplement une honte pour la nation burundaise en matière des droits de
l’homme, mais aussi et surtout en matière de l’administration. Les émotifs,
retenez-vous ; les cardiaques, abstenez-vous ! Le dossier transmis au
Procureur était, s’il vous plaît, rédigé à la main, non signé par Anicet ! Où ont disparu
les pages sur lesquelles Niyonkuru avait logé des
signatures, allez me demander !
Ainsi,
en refusant de lui livrer une copie de
son interrogatoire, les « exécutants des ordres venus d’en
haut » savaient qu’un autre « vrai » interrogatoire était en
train d’être fabriqué, là « en-haut ».
Donc en 2008, plus de 5000 ans après l’invention de l’écriture, quelqu’un
peut s’autoriser la mauvaise foi de
transformer, par je ne sais quelle sorcellerie inspirée de je ne sais quel sorcier perché « en-haut », un texte tapé à la machine en un manuscrit, et compter sur l’ignorance
de la graphologie !
Je ne me crois pas si loin de la vérité en affirmant que si mon pays existe encore, c’est, et là je
parodie quelqu’un, grâce à ce hasard qui fait que l’aveugle ne tombe pas
dans tous les trous ! Car la justice, c’est la lanterne de tout ce qui
fait un peuple. Or, un pays où il est
tout à fait naturel de fouler aux pieds jusqu’au plus naturel des droits en
matière d’interrogatoire, notamment la possession d’une copie de celui-ci, convenons-nous, on peut,
faute de pire, le qualifier d’enfer !
J’avais lancé dernièrement un vibrant appel à toutes les personnes
physiques et morales en leur demandant d’agir contre cette dérive
dictatoriale de trop. Je réitère mon appel.
Car comme dirait Jean de La Fontaine, face à ce mal « qui répand la
terreur », nous ne mourons pas tous, mais tous nous sommes concernés. A la
traditionnelle résignation de ceux qui se contentent de déplorer et de se
morfondre en simples et oisives
récriminations imprécatoires contre le tortionnaire comme si insulter le
diable suffisait à le transformer en ange, nous devons substituer une politique
active contre ce qu’il n’est plus faut de qualifier de convoi en enfer
collectif.
Je me dois de rappeler que jusqu’à ce jour, donc mercredi 25 juin 2008, c’est-à-dire exactement 4 jours après son arrestation et la décision de son transfert au Bureau Central de la Documentation Nationale, aucune autorité parmi celles habilitées à prendre de telles mesures n’a assumé cet arbitraire, de façon officielle. C’est toujours « des ordres venus d’en haut ». Ça veut dire ce que ça veut dire !
A tout prendre, on attend de
voir ce « en-haut » qui est
« en haut » de la loi ; on est impatient de connaître cette
autorité qui arrête quelqu’un et ordonne son emprisonnement sur base d’un interrogatoire qu’il a
barbouillé dans son
« en-haut », et non signé par le supplicié !
Roman à suivre !
Par Sébastien Ntahongendera,
Secrétaire Général et Porte-Parole du CDP
POUR
AVOIR FONDE UN PARTI POLITIQUE, M. NIYONKURU
VIENT D’ETRE ARRETE.
Oui ! vous ne rêvez pas ! Pour avoir osé fonder un
parti politique, Monsieur Anicet Niyonkuru le
président du CDP
(Conseil Des
Patriotes) vient d’être arrêté à Rutana
sa province natale. Province natale, et la précision n’est pas gratuite, à en
juger par le film des événements .
Le fil des événements
Samedi le 21 courant, de bonne
heure, Anicet Niyonkuru quitte Bujumbura la capitale pour se rendre à
Kayero son village natal, Commune Mpinga
- Kayove, province Rutana, avec une garde officielle
de deux hommes, sa belle-soeur et un ami originaire
de la même localité ; un convoi familial quoi ! Arrivé à Rutana - Centre, il fait une escale,
prend son repas dans un bar- restaurant, après quoi il continue sa route. Après un bout de temps sur la route, son
véhicule connaît un problème. Juste le
temps d’essayer de le remettre dans son état et voilà un véhicule qui surgit. A bord, il y a notamment Monsieur
Janvier, le chef de la Documentation - entendez la Sûreté Nationale - en
Province Rutana.
- Voilà le véhicule que nous cherchions. Monsieur, vous avez l’ordre de
retourner au chef- lieu de la Province » ! Dit sieur Janvier, sous un ton et avec des gestes manifestant un soulagement
digne d’un chasseur qui, à bout de souffle,
vient de capturer un gibier
rare.
-
Moi je rentre chez moi à Kayero,
qu’ai-je à retourner
encore à Rutana ! Réplique Monsieur Anicet.
-
Monsieur vous avez affaire à la
Documentation Nationale !
Il obtempère.
De là, et suivant le véhicule - chasseur,
il est conduit avec toute la voiturée
à la Brigade de Rutana . De la
brigade, on les envoie à la documentation. 5 heures de séquestration, fouille
de fond en comble du véhicule, fouille
systématique de sa garde , voilà ce qui attendait
Monsieur Anicet.
Au bout de ces cinq heures, les séquestrés
demandent à etre
au moins fixés sur leur
sort. Un subalterne de dernier rang leur laisse entendre que les personnes qui les ont arrêtés sont
parties à Gitega, beaucoup de
dizaines de kilomètres.
A 20 heures, Janvier arrive et laisse entendre à Monsieur qu’il peut rentrer
à Kayero à deux conditions : laisser la - bas
son véhicule et se présenter le
lendemain là 8 heures. Aller comprendre ! Anicet fait savoir qu’il lui est
impossible de faire cette impossibilité, ayant roulé de Bujumbura à Rutana ( avec les routes du Burundi dont l’on connaît ou peut s’imagine l’état ).
Ajouter à ceci la séquestration de
plus de 5 heures sans connaître le sort
qui l’attend, et vous comprenez qu’il
n’en pouvait plus .
Le compromis est trouvé : il doit se présenter à midi.
Dimanche, au Commissariat
De 15h 30 à 22 heures, Monsieur Anicet a subi le feu des questions. Trois questions faisaient la quintessence du confessionnat :
1)
« Pourquoi dites-vous que
les Partis au Burundi sont morts, qu’il
faut un autre Parti » ?
2)
« Pourquoi dites-vous que
le gouvernement actuel est corrompu, voleur » ?
3)
« Pourquoi attaquez-vous
les micomberistes ?
Pour qui ne connaît pas l’histoire du Bururndi,
me dois-je de le préciser, le mot « micomberiste »
se trouve être un néologisme créé pas le Parti CDP à partir du nom « Micombero » le premier président du Burundi
indépendant , lequel Micombero a commis un génocide
sur les Hutu en 1972, qui, pour le moins,
a coûté la vie à quelques 300.000
personnes en un petit mois et en a jeté
le double sur la route de l’exil , soit la réduction du peuple hutu d’au moins
20 % ! Aucun auteur de ce crime, dois- je aussi le rappeler aux uns ou
l’apprendre aux autres, n’a jamais fait
objet de la moindre procédure judiciaire.
Après les réponses que monsieur Anicet a données sans sourciller et dont il
a demandé un enregistrement, le Commissaire
n’a rien conclu ; un autre
rendez-vous a été fixé pour le lendemain, à 8 heures.
Lundi.
Les mêmes questions ont êtes reprises, les mêmes réponses ont été données.
Le verdict est tombé.
« Monsieur, à partir de cette minute, vous êtes prisonnier, selon « un
ordre venu d’en haut.
En vain, monsieur Anicet a demandé à
connaître l’identité si pas juridique, du moins politique de ce «en haut ».
Autres choses qu’il a demandées toujours en vain, c’est le procès verbal de
cette audience et, bien sûr, le
lieu de son incarcération.
S’agissant du procès verbal, on lui a fait savoir qu’il en aura « le moment venu ». Quant
au lieu de sa détention, on lui a gratifié
« le privilège d’être emprisonné dans un hôtel de la place, en attendant la
suite », ce qu’il a refusé. « si je suis
emprisonné, je veux que je sois en prison ». A-t-il dit.
Les derniers contacts avec lui, à minuit, ne m’ont pas permis de savoir ou
il a passé la nuit et dans quelles
conditions il était exactement.
Dans tout cela , il faut préciser que ni le
Procureur de la République en Province Rutana, ni le Procureur Général de la
République, du moins selon ce qu’ils ont affirmé, n’étaient au courant de ce qui se faisait,
jusque lundi à minuit, dans leur
province et service.
Mardi
Très tôt le matin, un ordre toujours « venu d’en haut » de
le transférer au Bureau de la Documentation Nationale a Bujumbura est donné. Le
Procureur de la République fait surface ; un malentendu se crée. Un contrordre
est lancé : il faut le maintenir à Rutana jusqu’à nouvel ordre. Roman à suivre !
Entre-temps, voilà chers Burundais, amis du Burundi, Militants et
sympathisants du CDP, le prototype d’une
démocratie à la burundaise. Pour avoir créé un Parti ,
Monsieur Anicet Niyonkuru vient d’être la énième victime d’un pouvoir
qui, pendant trois ans, n’a fait que faire marcher le pays sur sa tête.
Qu’en dire ; que faire ?
Compte tenu de cette situation, qui ne fait que mettre à nu le déjà - là,
le CDP lance un vibrant message à toutes
les personnes susceptibles de poser des
actes de nature à sauver ce qui peut encore l’être.
Ainsi je demande :
a)
Aux Patriotes, les
militants du CDP :
-
de rester sereins et de ne pas
céder à la provocation ;
-
de porter leur voix partout ou
il leur est possible de le faire, afin
que soit libéré dans les meilleurs délais le président du CDP ;
-
de rester mobilisés et de
considérer cet acte comme une preuve de
la force de leur parti, qui ne rêve que
d’un Burundi guéri de haines héréditaires et des pouvoirs déconnectés des
besoins réels de leur peuple.
b) Aux personnes
physiques et morales militantes des droits de l’hommes :
-
de veiller à ce que le reste
des droits de la personne en question
soient respectés ;
c)
A la communauté
internationale ;
-
de constater enfin le danger d’habituer un
pouvoir à la tolérance de la dictature , et de
tirer les conclusions qui s’imposent sur le Burundi, notamment en volant au
secours d’une sortie de la guerre vraiment ratée.
Par Sébastien Ntahongendera
Secrétaire Général et Porte –Parole du Parti CDP
DU BILAN DE LA
COMMEMORATION DU 36ème ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE HUTU : L’ESPOIR RENAIT.
Timidement
mais régulièrement, les Burundais sont
en train de se guérir de la micomberite,
entendez cette infirmité psychique qui,
comme qui dirait, a dit aux Burundais qu’il est interdit de condamner les
crimes de génocide commis par Micombero
et les micomberistes et, moins encore, d’en juger les
coupables, pour ne pas que l’on soit
taxé d’“extrémisme hutu” ! L’un des signes qui ne trompe pas, qui prouve que
les Burundais commencent à comprendre qu’il est de l’intérêt de tous les
Burundais que les actes de génocide
commis sur les Hutu ne peuvent rester impunis, c’est la considération du 29 avril comme un jour pas comme les
autres, que se soit pour les Burunnadais de l’intérieur ou pour ceux de la diaspora.
S’agissant
des Burundais de l’intérieur, nous nous félicitons de l’opération
« synergie des médias privées », qui, comme ceux qui écoutent les
radios privées du Burundi l’auront entendu, a consisté en un travail en collège
de toutes les radios privées qui ont
émis le 29 avril à partir d’un seul studio qui a fait un travail de reportage
d’un niveau professionnel au dessus de la moyenne, pour remémorer leurs auditeurs les événement de 1972, avec
des émissions à la hauteur de
l’événement. La seule note sombre sur ce
tableau, c’est que l’éditorialiste commis pour ce jour a tout fait pour éviter
de qualifier les crimes de 72 de génocide. Il
a même défrayé la chronique en disant que 72 se trouve être « une
histoire d’affrontements inter-ethnique » !
C’est
un travestissement de l’histoire qui cache mal la tendance révisionniste de
certains micomberistes, si l’on sait que mis à part
la commune de Rumonge où les affrontements ont
effectivement eu lieu et au cours desquels
des dizaines de Tutsi ont été massacrés, aucune autre échauffourée entre
populations n’a été signalée nulle part.
Au
niveau de la diaspora, l’événement a eu force et couleur, notamment au Canada
et en Belgique.
1. Commémoration du 36ème anniversaire
du génocide hutu de 1972, à Montréal
Par Paulette Evella Nikuze
Les Burundais de tous
les coins de la Province sont venus en masse, ce 3 mai 2008, pour commémorer le
génocide hutu de 1972. Hommes, femmes et jeunes de Hull/Gatineau, d'Ottawa, de
Sherbrooke, de Québec, de Joliette, de Trois Rivières, de Saint-Jérôme, de
Sainte Hyacinthe, de Québec et de Montréal, ont répondu massivement au
rendez-vous, malgré un ciel gris.
Les compatriotes du Canada et les amis des
Burundais ont répondu massivement au rendez-vous
Père Léopold Durocher est un prêtre canadien témoin du génocide hutu de 1972.
Pancartes et slogans font comprendre à tout passant que l’heure est venue de marquer la fin de la politique du silence.
Le groupe est arrivé au Monument de la Réparation érigé à cette fin à Montréal (coin Boulevard de l’Acadie
et Boulevard. Henri-Bourassa, dans le parc Marcelin-Wilson) où d’autres
Burundais les attendaient afin de se recueillir ensemble.
Le Monument de la Réparation
Gerbe de Fleurs en la mémoire des victimes du génocide hutu de 1972
Les activités qui s’y
sont déroulées sont les suivantes :
- chant de l’hymne
national du Burundi ;
- dépôt d’une gerbe de
fleurs au pied du monument ;
- minute de silence en
mémoire des disparus ;
- mot de circonstance
par le Président de la Communauté burundaise du Canada suivi des messages des
deux députés ;
- recueillement
silencieux : poser la main sur la stèle du monument.
À 14h30, c’était le départ vers le lieu de réception
où un mot d’accueil a été présenté par le Président de la Communauté burundaise
à Montréal, suivi du mot du Président National qui a retracé le fil des événements
(le concept de Génocide, la planification du génocide contre les Hutu, les
faits, l’indifférence de la Communauté Internationale ainsi que des
recommandations très pertinentes).
Monsieur Robin Philpot, journaliste
et écrivain Canadien auteur des livres :
Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali , Montréal 2003,
et Rwanda crimes, mensonges et étouffement de
la vérité », Montréal 2007,
les éditions des intouchables (www.les intouchables.com) a animé une conférence
en rapport avec les crimes commis dans la Région des Grands-Lacs et s’est
montré engagé à soutenir la Communauté burundaise qui reste déterminée à porter
plus haut et fort ses revendications afin que le génocide hutu de 1972 soit
reconnu et que justice soit rendue. Le représentant de la Communauté Rwandaise
et celui de la communauté congolaise se sont aussi, par leur présence et à
travers leurs discours, montrés solidaires à la cause de la communauté
burundaise du Canada.
Tout s’est déroulé dans
une ambiance chaleureuse et familiale reflétant une grande solidarité où toute
personne était libre de partager ses témoignages avec ses frères qui les
suivaient avec un grand intérêt. Les cérémonies ont été clôturées par l’hymne
national, à 18h30 (avec un dépassement de 45 minutes au temps alloué à l’occupation
de la salle), et personne ne sentait la fatigue. C’était très touchant.
Notre combat ne fait que commencer. Il faut
que tout le monde sache la vraie vérité et qu’il garde le devoir de mémoire car
l’histoire, elle, reste têtue. Et le jour où cette cause sera entendue, ce sera
le jour où le peuple burundais aura recouvré sa dignité.
2. Commémoration du 36ème
anniversaire du génocide hutu de 1972, à
Bruxelles
Par
Adolphe HASABINDERO
La communauté burundaise de Belgique a célébré, ce
samedi 03 mai 2008, en l’Eglise Saint-Antoine de Padoue, située à la rue
d’Artois, 17 en plein cœur de Bruxelles. Comme la date du 29 avril 1972
correspondant au début du génocide des Hutu
tombait au milieu de la semaine, les organisateurs ont décidé de
commémorer le triste événement à la fin de la semaine. Le cérémonial a débuté par un service
religieux dirigé par l’Abbé Daniel NAHIMANA .
Le service religieux
s’est déroulé comme suit :
1. Chant
d’ouverture : Sabwe Mukama
ndarengutse
2. Mot d’accueil par le
prêtre
3. Un récit du génocide
de 1972 lu par M. Jacques KENESE
(Son intégralité vous
sera présentée aussitôt qu’elle sera disponible).
4. Chant
d’espérance :Imitima y’aberanda
yama iri mu minwe y’Imana
5. Psaume 42 récité par
l’assemblée
6. Texte biblique :
Lecture du livre de la sagesse (Sagesse
3,1-6.9)
7. Geste de
l’assemblée : prendre un bout de
papier, écrire des noms de victimes et déposer le papier à l’autel.
8. Cantique d’Ezéchias
(Es 38,10-20), lu par l’assemblée.
9. Chant : Ico nama nipfuza ni ukwibanira n’Umukama we soko
ry’urweze rw’aberanda.
10. Evangile : Les béatitudes (Luc 6,20-26)
11. Intentions non
préparées et présentées selon l’inspiration de chacun (e)
12. Notre Père récité
par l’Assemblée
13. Oraison finale et
envoi
14. Chant final : Mariya ni agatangaza kagizwe na Rugira
Après la cérémonie
religieuse, l’assemblée a chanté l’Hymne National du Burundi.
Par la suite, les
organisateurs ont convié l’assemblée à un
verre de recueillement dans le hall d’entrée de l’église. C’est pendant ce
moment que M. Joseph NTAMAHUNGIRO a pris la parole pour prononcer le Mot du jour. Le voici dans son
intégralité :
MOT DE CIRCONSTANCE A L’OCCASION DE LA 36EME
COMMEMORATION DU GENOCIDE CONTRE LES HUTU
DE 1972 A 1973
Prononcé le 3 mai 2008,
en la Chapelle Saint Antoine de Padoue, Rue d’Artois, 17 à 1000 Bruxelles
Bien chers compatriotes,
Bien chers amis ;
Au nom du Comité
organisateur composé de :
-
Mme Eugénie
Ntakirutimana ;
-
M. l’Abbé Daniel Nahimana ;
-
M. Joseph Kayogera ;
-
M. Mathias Rugurika ;
-
M. Victor Ntacorigira ;
-
M. Willy Nyotori ;
-
Et votre serviteur Joseph Ntamahungiro ;
Je vous souhaite la
bienvenue et vous remercie d’avoir répondu, une nouvelle fois, à notre
invitation.
Nous nous réunissons
aujourd’hui pour la 36ème année consécutive pour commémorer nos
parents, nos grands parents, nos frères et nos sœurs, nos beaux-pères et belles
mères, nos beaux fils et belles filles, nos cousins et cousines, nos neveux et
nièces, nos petits fils et petites filles, nos amis et connaissances, nos voisins
et voisines. Comme vous vous en souvenez, la main criminelle n’a même pas
épargné les enfants, y compris ceux qui étaient encore dans le ventre de leur
mère. Malgré les 36 années qui viennent
de s’écouler, la douleur nous étrangle toujours, la colère nous étreint et la
révolte gronde dans nos entrailles car notre cri de demande de justice et de
réparation est toujours étouffé.
Bien chers nôtres qui
nous avez quittés si tragiquement ;
Nous nous rappelons que ceux et celles qui
ont perpétré ce génocide contre vous, vous ont tués non seulement physiquement,
mais qu’ils avaient réussi aussi pendant très longtemps à vous tuer dans votre
dignité et moralement. Nous nous
rappelons effectivement - comme si c’était hier – des flots d’encre
nauséabonde, des éditoriaux plus criminels les uns que les autres et même des
prêches de quelque prélat catholique, qui vous ont présentés comme de la
vermine, des animaux sauvages, des bestioles qu’il fallait débusquer, écraser
et faire disparaître à jamais de la face de la terre, pour que l’Histoire ne se
souvienne même plus de votre passage sur cette terre.
Plus triste encore est
de voir que même vos orphelins qui devraient honorer votre mémoire et vous
réhabiliter, déclarer jour de deuil le 29 avril, vous construire un mémorial,
tardent à le faire, empêtrés dans des querelles qui replongent notre beau pays
dans la honte, alors que le peuple revit la paupérisation et la mort dans une
douleur incommensurable.
Très chers parents,
grands parents, frères et sœurs, beaux-pères et belles mères, beaux fils et
belles filles, cousins et cousines, neveux et nièces, petits fils et petites
filles, voisins et voisines, amis et connaissances ;
Sachez néanmoins que
votre sacrifice n’a pas été vain. L’Histoire, ce grand maître, vous donnera un
jour raison en reconnaissant que vous avez été victimes d’une main criminelle
et diabolique. Même quelques uns de ceux
qui vous traitaient de «nazis tropicaux » et vous vouaient aux gémonies,
commencent – très timidement certes – à reconnaître que vous avez été victimes
d’un génocide. Certains d’entre nous ne
verrons peut-être pas le jour de votre réhabilitation et résurrection, quand
enfin on vous construira un mémorial, et pourquoi pas un mausolée. Nous sommes sûrs cependant qu’un jour aura lieu votre lavement de l’opprobre que
vos bourreaux – qui sont aussi les nôtres, nous les rescapés – ont jetée sur
vous.
Et même si ces bourreaux
s’entêtaient à ne pas reconnaître leurs crimes et à demander pardon - faute de
réparer l’acte de leur bestialité - sachez qu’ils ne pourront plus nous obliger
à insulter votre mémoire comme ils l’ont fait en 1972-1973 et les années qui
ont suivi. Ils ne pourront plus jamais
enlever votre place dans nos cœurs. Ils
ne pourront plus jamais nous contraindre à vous maudire, à applaudir et
légitimer leurs crimes.
Très chers parents,
grands parents, frères et sœurs, beaux-pères et belles mères, beaux fils et
belles filles, cousins et cousines, neveux et nièces, petits fils et petites
filles, voisins et voisines, amis et connaissances ;
Sachez donc une fois
pour toutes que, même si physiquement vous n’êtes plus avec nous, plus rien ni
personne ne pourra nous séparer de vous.
Notre vœu le plus cher
est que vous ne soyez pas morts pour rien et que, grâce à votre sacrifice, le
Burundi - notre beau pays et notre belle
patrie - retrouve la joie de vivre, sa
fierté et sa place dans le concert des Nations, sous la direction de vrais Bagabo et de véritables Barundikazi
à l’image de nos ancêtres les plus valeureux.
Qu’il retrouve sa vigueur, son courage et sa détermination pour se
reconstruire lui-même dans un véritable partenariat avec de véritables Nations
amies.
A Vous, nos héros et nos
martyrs, notre parole d’hommes et de femmes est que nous nous engagions à
continuer d’honorer toujours votre mémoire.
Que la terre vous soit
toujours légère. Ainsi soit-il.
Pour les organisateurs
ci haut cités
Bruxelles, le 3 Mai 2008
Joseph Ntamahungiro
Après le discours, les
invités ont continué à échanger autour de ce verre et les activités de ce jour
se sont achevées par le souhait de
continuer à honorer, durant les années à venir, la mémoire des victimes du
génocide contre le peuple Hutu du Burundi depuis le 29 avril 1972.
LA REDACTION.