"Si tu ne sais pas où tu vas, n'oublie pas au moins d'où tu viens". Proverbe togolais

Rwanda: une proche du président entendue par des juges français


Rose Kabuye, collaboratrice du président rwandais Paul Kagame, a été transférée mercredi d’Allemagne en France et présentée à la justice dans une enquête sur l'attentat contre le président Habyarimana en 1994, dossier qui empoisonne les relations entre Paris et Kigali. La responsable du protocole de la présidence, 47 ans, avait été arrêtée le 9 novembre à l'aéroport de Francfort, sur la base d'un mandat d'arrêt émis par la France. Rose Kabuye est arrivée mercredi en milieu d'après-midi à l'aéroport parisien de Roissy où elle a été "accueillie par un important comité d'accueil" de policiers, a annoncé l'un de ses avocats, Me Bernard Maingain. . Lire la suite de l'article.



Relations France-Rwanda: une proche du président rwandais arrêtée en Allemagne


Une proche du président rwandais Paul Kagame, Rose Kabuye, a été arrêtée dimanche à l'aéroport de Francfort (Allemagne) sur mandat français, une arrestation qualifiée d'"abusive" par Kigali et qui risque d'envenimer encore les relations franco-rwandaises. Lire la suite



LE GOUVERNEMENT ET LE FNL-PALIPEHUTU SOMMES DE FAIRE LA PAIX AVANT LA FIN DE L’ANNEE : C’EST LE MOINS QUE L’ON PUISSE LEUR DEMANDER!  

« Ah’ubwo babahaye umwanya munini » (d’ailleurs on leur a donné trop de temps), disait une Burundaise ce samedi, réagissant à une question d’une journaliste de la BBC en rapport avec cet ultimatum qui ne dit pas son nom. Lire la suite de l'article

 

 

 



LE PRESIDENT DU CDP LIBERE, LE DROIT TOUJOURS ENCHAINE

 

Vendredi le 27 juin 2008

 

 

« On est impatient de connaître cette autorité qui arrête quelqu’un et ordonne son emprisonnement sur base d’un interrogatoire qu’il a barbouillé dans son « en-haut », et non signé par le supplicié », avais-je conclu le dernier chapitre d’un roman auquel je peux désormais donner un titre : La mort du Droit.

 

Je suis heureux de vous annoncer, chers internautes,  qu’un non - lieu vient d’avoir lieu en faveur de Monsieur    Anicet Niyonkuru le président du CDP, par rapport aux tracasseries extrajudiciaires qui pesaient sur lui.

En garde  à vue depuis samedi le 21 juin 2008 et toujours sous menace d’emprisonnement, Monsieur Niyonkuru vient, en effet, de recouvrer sa liberté ce jeudi en début d’après –midi.

 

D’entré de jeu, je tiens à exprimer, au  nom du Parti CDP et en mon nom propre, mes profonds sentiments de gratitudes  à   toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont contribué au bon dénouement de cette saga digne d’un film d’horreur.  Et vu les conditions dans lesquelles il avait été arrêté, l’heure n’est pas au triomphalisme,  bien au contraire ! Et ma conclusion partielle est que le droit se meurt au Burundi.

  

En effet, quand un homme peut être arrêté sur un mandat d’arrêt présenté verbalement ; quand un interrogatoire judiciaire peut être soumis à un homme sans qu’il ait le droit d’en avoir une moindre copie ; quand un dossier judiciaire dactylographié peut, en cours de route d’un échelon à l’autre, être transformé en manuscrit par je ne sais quelle alchimie..., on est en droit de se demander pourquoi nous Burundais nous sommes partis à l’école, mieux, pourquoi nous avons des facultés de Droit dans nos universités !

Anicet Niyonkuru vient de l’échapper belle, et  c’est bien de nous en réjouir.  Mais comme la sortie inespérée  d’un  coupe-gorge  ne vaut que la leçon qu’on en tire, je trouve que les Burundais devraient, doivent d’ailleurs, sortir de leur confusion entre « vivre » et « exister » et apprendre ! Ce qui est sûr, Monsieur Niyonkuru  vient d’apprendre sa leçon.  Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il vient de réaliser  la meilleure des entrées en politique, pour un pays comme le nôtre !

 

En définitive, dire que cette saga n’avait  d’enjeux que judiciaire, le doute est permis.

Signalons qu’à trois reprises, le CDP vient de  demander  l’autorisation de tenir son Assemblée Constituante pour  essuyer toujours  des refus dont les motifs sont  à la limite du ridicule !       

Rappelez-vous ou apprenez, dans un ordre d’idée tout autre mais incitateur de quelque réflexe,  que le type qui a arrêté Monsieur Niyonkuru  et qui a reçu d’«en haut » l’ordre de le transférer à la Direction Générale de la Documentation Nationale est le même qui, il y a  un semestre, avait transféré les hommes accusés d’avoir cambriolé  une agence de la BCB à Rutana. Que ceux-ci soient arrivés à destination, personne ne le sait. Tout ce que l’on sait d’eux , c’est que leurs corps seront retrouvés en province Makamba, plus précisément à Rukonwe, après  avoir été  tués « par des personnes non identifiées »,  alors que « la police poursuit des enquêtes ».

A bon entendeur, salut !

 

Sebastien Ntahongendera

Secrétaire Général et Porte-Parole du CDP     

 

 

 


 

LA NEBULEUSE DE L’ARBITRAIRE POURSUIT SON ACHARNEMENT SUR LE PRESIDENT DU CDP.

 

« Roman à suivre » ! Ainsi avais-je conclu la communication je décrivais les faits autour de l’arrestation rocambolesque d’Anicet Niyonkuru, le Président du Parti CDP.

Un roman vraiment ! Voici pour le moment comment les choses ont évolué, depuis l’interrogatoire au Commissariat de Police de Rutana, mardi le 24 juin 2008. Oui, 2008. Retenez l’année, à toutes fins utiles.

 

Après l’interrogatoire, qui a pris fin à midi , on a procédé aux formalités d’usage en matière d’interrogatoire, notamment la signature du procès verbal. J’avais précisé, dans mon texte précédent, que le supplicié avait demandé à ce que lui soit donné une copie de son interrogatoire, ce qui lui avait été opiniâtrement refusé. Un occidental qui me lit ou quiconque vit dans un pays en marche normale sur la trajectoire de l’humanité - qui est celle d’évoluer de la barbarie à la civilisation- peut ne pas accorder foi à ces propos. Qu’il fasse un séjour au Burundi ou qu’il fasse connaissance de la procédure judiciaire burundaise, il verra pire. Passons !

Quand l’ordre de le transférer au Bureau Central de la Documentation Nationale avait été annulé par celui de le maintenir au Commissariat de Rutana, l’ordre « venu d’en haut » avait enjoint le commissariat de transférer toutes affaires cessantes le p.v de l’interrogatoire au Procureur de la République. Dès prise de connaissance de cette étape, le procureur avait demandé qu’on lui transmette le dossier toutes affaires cessantes, ce qui avait été convenu : il l’attendait sur sa table en début d’après-midi. Hélas ! Ce n’est que le lendemain à 14 h 50, donc à 10 minutes de la fermeture des bureaux, qu’il a mis la main sur le dossier concernant l’arrestation de quelqu’un à qui aucun mandat d’arrêt n’avait jusque –là été exhibé ! Fallait-il alors que le Procureur émette un mandat d’arrêt contre quelqu’un après son arrestation ? Il n’est pas besoin d’être juriste pour déceler, déjà à ce niveau, jusqu’où le goût du mal rend peu intelligent ! Quand on n’a juré ne faire que du mal, il faut au moins, si on ne veut pas qu’il tourne contre vous, y verser tout ce que l’on a comme raisonnement !

De ce dossier dans les mains du procureur maintenant. Ici, je dois aménager un flash-back. Après l’interrogatoire, Niyonkuru avait apposé sa signature sur le dossier, avec soin de demander à ce que soient copieusement barrés les interlignes et les « en-bas » de chaque page. Cela, au moins, l’officier de la police judiciaire en charge de l’interrogatoire l’avait respecté.

Autre précision : le dossier, qui contenait des pages qu’il avait signées, était tapé à la machine. Ce que le Procureur de la République a reçu ce Mercredi comme dossier, voilà qui se trouve être tout simplement une honte pour la nation burundaise en matière des droits de l’homme, mais aussi et surtout en matière de l’administration. Les émotifs, retenez-vous ; les cardiaques, abstenez-vous ! Le dossier transmis au Procureur était, s’il vous plaît, rédigé à la main, non signé par Anicet ! ont disparu les pages sur lesquelles Niyonkuru avait logé des signatures, allez me demander !

Ainsi, en refusant de lui livrer une copie de son interrogatoire, les « exécutants  des ordres venus d’en haut » savaient qu’un autre « vrai » interrogatoire était en train d’être fabriqué, « en-haut ».

 

Donc en 2008, plus de 5000 ans après l’invention de l’écriture, quelqu’un peut s’autoriser la mauvaise foi de transformer, par je ne sais quelle sorcellerie inspirée de je ne sais quel sorcier perché « en-haut », un texte tapé à la machine en un manuscrit, et compter sur l’ignorance de la graphologie !

Je ne me crois pas si loin de la vérité en affirmant que si mon pays existe encore, c’est, et là je parodie quelqu’un, grâce à ce hasard qui fait que l’aveugle ne tombe pas dans tous les trous ! Car la justice, c’est la lanterne de tout ce qui fait un peuple. Or, un pays il est tout à fait naturel de fouler aux pieds jusqu’au plus naturel des droits en matière d’interrogatoire, notamment la possession d’une copie de celui-ci, convenons-nous, on peut, faute de pire, le qualifier d’enfer !

 

J’avais lancé dernièrement un vibrant appel à toutes les personnes physiques et morales en leur demandant d’agir contre cette dérive dictatoriale de trop. Je réitère mon appel. Car comme dirait Jean de La Fontaine, face à ce mal « qui répand la terreur », nous ne mourons pas tous, mais tous nous sommes concernés. A la traditionnelle résignation de ceux qui se contentent de déplorer et de se morfondre en simples et oisives récriminations imprécatoires contre le tortionnaire comme si insulter le diable suffisait à le transformer en ange, nous devons substituer une politique active contre ce qu’il n’est plus faut de qualifier de convoi en enfer collectif.

 

Je me dois de rappeler que jusqu’à ce jour, donc mercredi 25 juin 2008, c’est-à-dire exactement 4 jours après son arrestation et la décision de son transfert au Bureau Central de la Documentation Nationale, aucune autorité parmi celles habilitées à prendre de telles mesures n’a assumé cet arbitraire, de façon officielle. C’est toujours « des ordres venus d’en haut ». Ça veut dire ce que ça veut dire !

A tout prendre, on attend de voir ce « en-haut » qui est « en haut » de la loi ; on est impatient de connaître cette autorité qui arrête quelqu’un et ordonne son emprisonnement sur base d’un interrogatoire qu’il a barbouillé dans son « en-haut », et non signé par le supplicié !

Roman à suivre !

 

Par Sébastien Ntahongendera,

Secrétaire Général et Porte-Parole du CDP

 

 


POUR AVOIR FONDE UN PARTI POLITIQUE, M. NIYONKURU VIENT D’ETRE ARRETE.

 

 

Oui ! vous ne rêvez pas ! Pour avoir osé fonder un parti politique, Monsieur Anicet Niyonkuru le président du CDP

(Conseil Des Patriotes) vient d’être arrêté à Rutana sa province natale.  Province natale, et la précision n’est pas gratuite, à en juger par le film des événements .

 

Le fil des événements

 

Samedi le 21 courant, de bonne heure, Anicet Niyonkuru quitte Bujumbura la capitale pour se rendre à Kayero son village natal, Commune Mpinga - Kayove, province Rutana, avec une garde officielle de deux hommes, sa belle-soeur et un ami originaire de la même localité ; un convoi familial quoi ! Arrivé à Rutana - Centre, il fait une escale, prend son repas dans un bar- restaurant, après quoi il continue sa route. Après un bout de temps sur la route, son véhicule connaît un problème. Juste le temps d’essayer de le remettre dans son état et voilà un véhicule qui surgit. A bord, il y a notamment Monsieur Janvier, le chef de la Documentation - entendez la Sûreté Nationale - en Province Rutana.

 

- Voilà le véhicule que nous cherchions. Monsieur, vous avez l’ordre de retourner au chef- lieu de la Province » ! Dit sieur Janvier, sous un ton et avec des gestes manifestant un soulagement digne d’un chasseur qui, à bout de souffle, vient de capturer un gibier rare.

 

-         Moi je rentre chez moi à Kayero, qu’ai-je à retourner encore à Rutana ! Réplique Monsieur Anicet.

-         Monsieur vous avez affaire à la Documentation Nationale !

Il obtempère.

De là, et suivant le véhicule - chasseur, il est conduit avec toute la voiturée à la Brigade de Rutana . De la brigade, on les envoie à la documentation. 5 heures de séquestration, fouille de fond en comble du véhicule, fouille systématique de sa garde , voilà ce qui attendait Monsieur Anicet.

Au bout de ces cinq heures, les séquestrés demandent à etre au moins fixés sur leur sort. Un subalterne de dernier rang leur laisse entendre que les personnes qui les ont arrêtés sont parties à Gitega, beaucoup de dizaines de kilomètres.

A 20 heures, Janvier arrive et laisse entendre à Monsieur qu’il peut rentrer à Kayero à deux conditions : laisser la - bas son véhicule et se présenter le lendemain là 8 heures. Aller comprendre ! Anicet fait savoir qu’il lui est impossible de faire cette impossibilité, ayant roulé de Bujumbura à Rutana ( avec les routes du Burundi dont l’on connaît ou peut s’imagine l’état ).

Ajouter à ceci la séquestration de plus de 5 heures sans connaître le sort qui l’attend, et vous comprenez qu’il n’en pouvait plus .

Le compromis est trouvé : il doit se présenter à midi.

 

Dimanche, au Commissariat

 

De 15h 30 à 22 heures, Monsieur Anicet a subi le feu des questions. Trois questions faisaient la quintessence du confessionnat :

 

1)      « Pourquoi dites-vous que les Partis au Burundi sont morts, qu’il faut un autre Parti » ?

2)      « Pourquoi dites-vous que le gouvernement actuel est corrompu, voleur » ?

3)      « Pourquoi attaquez-vous les micomberistes ?

 

Pour qui ne connaît pas l’histoire du Bururndi, me dois-je de le préciser, le mot « micomberiste » se trouve être un néologisme créé pas le Parti CDP à partir du nom « Micombero » le premier président du Burundi indépendant , lequel Micombero a commis un génocide sur les Hutu en 1972, qui, pour le moins, a coûté la vie à quelques 300.000 personnes en un petit mois et en a jeté le double sur la route de l’exil , soit la réduction du peuple hutu d’au moins 20 % ! Aucun auteur de ce crime, dois- je aussi le rappeler aux uns ou l’apprendre aux autres, n’a jamais fait objet de la moindre procédure judiciaire.

 

Après les réponses que monsieur Anicet a données sans sourciller et dont il a demandé un enregistrement, le Commissaire n’a rien conclu ; un autre rendez-vous a été fixé pour le lendemain, à 8 heures.

 

Lundi.

 

Les mêmes questions ont êtes reprises, les mêmes réponses ont été données. Le verdict est tombé.

 

« Monsieur, à partir de cette minute, vous êtes prisonnier, selon « un ordre venu d’en haut.

En vain, monsieur Anicet a demandé à connaître l’identité si pas juridique, du moins politique de ce «en haut ».

 

Autres choses qu’il a demandées toujours en vain, c’est le procès verbal de cette audience et, bien sûr, le

lieu de son incarcération.

S’agissant du procès verbal, on lui a fait savoir qu’il en aura « le moment venu ». Quant au lieu de sa détention, on lui a gratifié « le privilège  d’être emprisonné dans un hôtel de la place, en attendant la suite », ce qu’il a refusé. « si je suis emprisonné, je veux que je sois en prison ». A-t-il dit.

 

Les derniers contacts avec lui, à minuit, ne m’ont pas permis de savoir ou il a passé la nuit et dans quelles conditions il était exactement.

 

 

Dans tout cela , il faut préciser que ni le Procureur de la République en Province Rutana, ni le Procureur Général de la République, du moins selon ce qu’ils ont affirmé, n’étaient au courant de ce qui se faisait, jusque lundi à minuit, dans leur province et service.

 

Mardi

 

Très tôt le matin, un ordre   toujours « venu d’en haut » de le transférer au Bureau de la Documentation Nationale a Bujumbura est donné. Le Procureur de la République fait surface ; un malentendu se crée. Un contrordre est lancé : il faut le maintenir à Rutana jusqu’à nouvel ordre. Roman à suivre !

 

Entre-temps, voilà chers Burundais, amis du Burundi, Militants et sympathisants du CDP, le prototype d’une démocratie à la burundaise. Pour avoir créé un Parti , Monsieur Anicet Niyonkuru vient d’être la énième victime d’un pouvoir qui, pendant trois ans, n’a fait que faire marcher le pays sur sa tête.

 

Qu’en dire ; que faire ?

 

Compte tenu de cette situation, qui ne fait que mettre à nu le déjà - là, le CDP lance un vibrant message à toutes les personnes susceptibles de poser des actes de nature à sauver ce qui peut encore l’être.

Ainsi je demande :

 

a)   Aux Patriotes, les militants du CDP :

 

-         de rester sereins et de ne pas céder à la provocation ;

-         de porter leur voix partout ou il leur est possible de le faire, afin que soit libéré dans les meilleurs délais le président du CDP ;

-         de rester mobilisés et de considérer cet acte comme une preuve de la force de leur parti, qui ne rêve que d’un Burundi guéri de haines héréditaires et des pouvoirs déconnectés des besoins réels de leur peuple.

 

b) Aux personnes physiques et morales militantes des droits de l’hommes :

 

-         de veiller à ce que le reste des droits de la personne en question soient respectés ;

 

c)    A la communauté internationale ;

 

-         de constater enfin le danger d’habituer un pouvoir à la tolérance de la dictature , et de tirer les conclusions qui s’imposent sur le Burundi, notamment en volant au secours d’une sortie de la guerre vraiment ratée.

 

 

 

 

Par Sébastien Ntahongendera

Secrétaire Général et Porte –Parole du Parti CDP

 


DU BILAN DE LA COMMEMORATION DU 36ème ANNIVERSAIRE DU GENOCIDE HUTU : L’ESPOIR RENAIT.

 

Timidement mais régulièrement, les Burundais sont en train de se guérir de la micomberite, entendez cette infirmité psychique qui, comme qui dirait, a dit aux Burundais qu’il est interdit de condamner les crimes de génocide commis par Micombero et les micomberistes et, moins encore, d’en juger les coupables, pour ne pas que l’on soit taxé d’“extrémisme hutu” ! L’un des signes qui ne trompe pas, qui prouve que les Burundais commencent à comprendre qu’il est de l’intérêt de tous les Burundais que les actes de génocide commis sur les Hutu ne peuvent rester impunis, c’est la considération du 29 avril comme un jour pas comme les autres, que se soit pour les Burunnadais de l’intérieur ou pour ceux de la diaspora.

S’agissant des Burundais de l’intérieur, nous nous félicitons de l’opération « synergie des médias privées », qui, comme ceux qui écoutent les radios privées du Burundi l’auront entendu, a consisté en un travail en collège de toutes les radios privées qui ont émis le 29 avril à partir d’un seul studio qui a fait un travail de reportage d’un niveau professionnel au dessus de la moyenne, pour remémorer leurs auditeurs les événement de 1972, avec des émissions à la hauteur de l’événement. La seule note sombre sur ce tableau, c’est que l’éditorialiste commis pour ce jour a tout fait pour éviter de qualifier les crimes de 72 de génocide. Il a même défrayé la chronique en disant que 72 se trouve être « une histoire d’affrontements inter-ethnique » !

C’est un travestissement de l’histoire qui cache mal la tendance révisionniste de certains micomberistes, si l’on sait que mis à part la commune de Rumonge où les affrontements ont effectivement eu lieu et au cours desquels des dizaines de Tutsi ont été massacrés, aucune autre échauffourée entre populations n’a été signalée nulle part.

 

Au niveau de la diaspora, l’événement a eu force et couleur, notamment au Canada et en Belgique.

 

1. Commémoration du 36ème anniversaire du génocide hutu de 1972, à Montréal

 

Par Paulette Evella Nikuze

 

Les Burundais de tous les coins de la Province sont venus en masse, ce 3 mai 2008, pour commémorer le génocide hutu de 1972. Hommes, femmes et jeunes de Hull/Gatineau, d'Ottawa, de Sherbrooke, de Québec, de Joliette, de Trois Rivières, de Saint-Jérôme, de Sainte Hyacinthe, de Québec et de Montréal, ont répondu massivement au rendez-vous, malgré un ciel gris.


Les compatriotes du Canada et les amis des Burundais ont répondu massivement au rendez-vous
Les médias et la presse étaient là pour couvrir l’événement. Bien plus, la Communauté Burundaise du Canada a été honorée par la présence de deux Députés : les Honorables Mourani Maria et St-Cyr Thierry qui ont été délégués par le Chef du Bloc québécois à la Chambre des Communes du Fédéral, Honorable Gilles Duceppe. Pour cela, la communauté burundaise du Canada a transmis au Bloc Québécois un message de remerciement et reconnaissance de soutien mutuel.

  Les cérémonies ont commencé à 10h30 par une messe en mémoire des victimes célébrée à l’Eglise saint-Joseph de Bordeaux par le Père Léopold Durocher (prêtre canadien qui était au Burundi quand le génocide de 1972 a commencé),


Père Léopold Durocher est un prêtre canadien témoin du génocide hutu de 1972.
suivie par une marche manifestation sécurisée, tout au long de laquelle pancartes et slogans faisaient comprendre à tout passant que l’heure est venue de marquer la fin de la politique du silence, car, comme disait le père Guy Pinard avant son assassinat au RWANDA, « avoir l’esprit de silence, même dans des drames, finit par détruire le plus silencieux


Pancartes et slogans font comprendre à tout passant que l’heure est venue de marquer la fin de la politique du silence.

 

Le groupe est arrivé au Monument de la Réparation érigé à cette fin à Montréal (coin Boulevard de l’Acadie et Boulevard. Henri-Bourassa, dans le parc Marcelin-Wilson) où d’autres Burundais les attendaient afin de se recueillir ensemble.


Le Monument de la Réparation


Gerbe de Fleurs en la mémoire des victimes du génocide hutu de 1972

 

Les activités qui s’y sont déroulées sont les suivantes :

- chant de l’hymne national du Burundi ;

- dépôt d’une gerbe de fleurs au pied du monument ;

- minute de silence en mémoire des disparus ;

- mot de circonstance par le Président de la Communauté burundaise du Canada suivi des messages des deux députés ;

- recueillement silencieux : poser la main sur la stèle du monument.

 

À 14h30, c’était le départ vers le lieu de réception où un mot d’accueil a été présenté par le Président de la Communauté burundaise à Montréal, suivi du mot du Président National qui a retracé le fil des événements (le concept de Génocide, la planification du génocide contre les Hutu, les faits, l’indifférence de la Communauté Internationale ainsi que des recommandations très pertinentes).

Monsieur Robin Philpot, journaliste et écrivain Canadien auteur des livres : Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali , Montréal 2003, et Rwanda crimes, mensonges et étouffement de la vérité », Montréal 2007, les éditions des intouchables (www.les intouchables.com) a animé une conférence en rapport avec les crimes commis dans la Région des Grands-Lacs et s’est montré engagé à soutenir la Communauté burundaise qui reste déterminée à porter plus haut et fort ses revendications afin que le génocide hutu de 1972 soit reconnu et que justice soit rendue. Le représentant de la Communauté Rwandaise et celui de la communauté congolaise se sont aussi, par leur présence et à travers leurs discours, montrés solidaires à la cause de la communauté burundaise du Canada.

Tout s’est déroulé dans une ambiance chaleureuse et familiale reflétant une grande solidarité où toute personne était libre de partager ses témoignages avec ses frères qui les suivaient avec un grand intérêt. Les cérémonies ont été clôturées par l’hymne national, à 18h30 (avec un dépassement de 45 minutes au temps alloué à l’occupation de la salle), et personne ne sentait la fatigue. C’était très touchant.

 

Notre combat ne fait que commencer. Il faut que tout le monde sache la vraie vérité et qu’il garde le devoir de mémoire car l’histoire, elle, reste têtue. Et le jour où cette cause sera entendue, ce sera le jour où le peuple burundais aura recouvré sa dignité.

 

2. Commémoration du 36ème anniversaire du génocide hutu de 1972, à Bruxelles

 

Par Adolphe HASABINDERO

 

La communauté burundaise de Belgique a célébré, ce samedi 03 mai 2008, en l’Eglise Saint-Antoine de Padoue, située à la rue d’Artois, 17 en plein cœur de Bruxelles. Comme la date du 29 avril 1972 correspondant au début du génocide des Hutu tombait au milieu de la semaine, les organisateurs ont décidé de commémorer le triste événement à la fin de la semaine. Le cérémonial a débuté par un service religieux dirigé par l’Abbé Daniel NAHIMANA .

Le service religieux s’est déroulé comme suit :

 

1. Chant d’ouverture : Sabwe Mukama ndarengutse

 

2. Mot d’accueil par le prêtre

 

3. Un récit du génocide de 1972 lu par M. Jacques KENESE

(Son intégralité vous sera présentée aussitôt qu’elle sera disponible).

 

4. Chant d’espérance :Imitima y’aberanda yama iri mu minwe y’Imana

 

5. Psaume 42 récité par l’assemblée

 

6. Texte biblique : Lecture du livre de la sagesse (Sagesse 3,1-6.9)

 

7. Geste de l’assemblée : prendre un bout de papier, écrire des noms de victimes et déposer le papier à l’autel.

 

8. Cantique d’Ezéchias (Es 38,10-20), lu par l’assemblée.

 

9. Chant : Ico nama nipfuza ni ukwibanira n’Umukama we soko ry’urweze rw’aberanda.

 

10. Evangile : Les béatitudes (Luc 6,20-26)

 

11. Intentions non préparées et présentées selon l’inspiration de chacun (e)

 

12. Notre Père récité par l’Assemblée

 

13. Oraison finale et envoi

 

14. Chant final : Mariya ni agatangaza kagizwe na Rugira

 

Après la cérémonie religieuse, l’assemblée a chanté l’Hymne National du Burundi.

 

Par la suite, les organisateurs ont convié l’assemblée à un verre de recueillement dans le hall d’entrée de l’église. C’est pendant ce moment que M. Joseph NTAMAHUNGIRO a pris la parole pour prononcer le Mot du jour. Le voici dans son intégralité :

 

MOT DE CIRCONSTANCE A L’OCCASION DE LA 36EME COMMEMORATION DU GENOCIDE CONTRE LES HUTU

DE 1972 A 1973

 

Prononcé le 3 mai 2008, en la Chapelle Saint Antoine de Padoue, Rue d’Artois, 17 à 1000 Bruxelles

 

Bien chers compatriotes, Bien chers amis ;

 

Au nom du Comité organisateur composé de :

-         Mme Eugénie Ntakirutimana ;

-         M. l’Abbé Daniel Nahimana ;

-         M. Joseph Kayogera ;

-         M. Mathias Rugurika ;

-         M. Victor Ntacorigira ;

-         M. Willy Nyotori ;

-         Et votre serviteur Joseph Ntamahungiro ;

 

Je vous souhaite la bienvenue et vous remercie d’avoir répondu, une nouvelle fois, à notre invitation.

 

Nous nous réunissons aujourd’hui pour la 36ème année consécutive pour commémorer nos parents, nos grands parents, nos frères et nos sœurs, nos beaux-pères et belles mères, nos beaux fils et belles filles, nos cousins et cousines, nos neveux et nièces, nos petits fils et petites filles, nos amis et connaissances, nos voisins et voisines. Comme vous vous en souvenez, la main criminelle n’a même pas épargné les enfants, y compris ceux qui étaient encore dans le ventre de leur mère. Malgré les 36 années qui viennent de s’écouler, la douleur nous étrangle toujours, la colère nous étreint et la révolte gronde dans nos entrailles car notre cri de demande de justice et de réparation est toujours étouffé.

 

Bien chers nôtres qui nous avez quittés si tragiquement ;

 

Nous nous rappelons que ceux et celles qui ont perpétré ce génocide contre vous, vous ont tués non seulement physiquement, mais qu’ils avaient réussi aussi pendant très longtemps à vous tuer dans votre dignité et moralement. Nous nous rappelons effectivement - comme si c’était hier – des flots d’encre nauséabonde, des éditoriaux plus criminels les uns que les autres et même des prêches de quelque prélat catholique, qui vous ont présentés comme de la vermine, des animaux sauvages, des bestioles qu’il fallait débusquer, écraser et faire disparaître à jamais de la face de la terre, pour que l’Histoire ne se souvienne même plus de votre passage sur cette terre.

 

Plus triste encore est de voir que même vos orphelins qui devraient honorer votre mémoire et vous réhabiliter, déclarer jour de deuil le 29 avril, vous construire un mémorial, tardent à le faire, empêtrés dans des querelles qui replongent notre beau pays dans la honte, alors que le peuple revit la paupérisation et la mort dans une douleur incommensurable.

 

Très chers parents, grands parents, frères et sœurs, beaux-pères et belles mères, beaux fils et belles filles, cousins et cousines, neveux et nièces, petits fils et petites filles, voisins et voisines, amis et connaissances ;

 

Sachez néanmoins que votre sacrifice n’a pas été vain. L’Histoire, ce grand maître, vous donnera un jour raison en reconnaissant que vous avez été victimes d’une main criminelle et diabolique. Même quelques uns de ceux qui vous traitaient de «nazis tropicaux » et vous vouaient aux gémonies, commencent – très timidement certes – à reconnaître que vous avez été victimes d’un génocide. Certains d’entre nous ne verrons peut-être pas le jour de votre réhabilitation et résurrection, quand enfin on vous construira un mémorial, et pourquoi pas un mausolée. Nous sommes sûrs cependant qu’un jour aura lieu votre lavement de l’opprobre que vos bourreaux – qui sont aussi les nôtres, nous les rescapés – ont jetée sur vous.

 

Et même si ces bourreaux s’entêtaient à ne pas reconnaître leurs crimes et à demander pardon - faute de réparer l’acte de leur bestialité - sachez qu’ils ne pourront plus nous obliger à insulter votre mémoire comme ils l’ont fait en 1972-1973 et les années qui ont suivi. Ils ne pourront plus jamais enlever votre place dans nos cœurs. Ils ne pourront plus jamais nous contraindre à vous maudire, à applaudir et légitimer leurs crimes.

 

Très chers parents, grands parents, frères et sœurs, beaux-pères et belles mères, beaux fils et belles filles, cousins et cousines, neveux et nièces, petits fils et petites filles, voisins et voisines, amis et connaissances ;

 

Sachez donc une fois pour toutes que, même si physiquement vous n’êtes plus avec nous, plus rien ni personne ne pourra nous séparer de vous.

 

Notre vœu le plus cher est que vous ne soyez pas morts pour rien et que, grâce à votre sacrifice, le Burundi - notre beau pays et notre belle patrie - retrouve la joie de vivre, sa fierté et sa place dans le concert des Nations, sous la direction de vrais Bagabo et de véritables Barundikazi à l’image de nos ancêtres les plus valeureux. Qu’il retrouve sa vigueur, son courage et sa détermination pour se reconstruire lui-même dans un véritable partenariat avec de véritables Nations amies.

 

A Vous, nos héros et nos martyrs, notre parole d’hommes et de femmes est que nous nous engagions à continuer d’honorer toujours votre mémoire.

 

Que la terre vous soit toujours légère. Ainsi soit-il.

 

 

Pour les organisateurs ci haut cités

Bruxelles, le 3 Mai 2008

 

 

Joseph Ntamahungiro

 

 

Après le discours, les invités ont continué à échanger autour de ce verre et les activités de ce jour se sont achevées par le souhait de continuer à honorer, durant les années à venir, la mémoire des victimes du génocide contre le peuple Hutu du Burundi depuis le 29 avril 1972.

 

LA REDACTION.